
Par Patrick Mapenzi
Malgré les défis sécuritaires et les caprices climatiques du lac Tanganyika, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires intensifient les opérations de rapatriement volontaire des réfugiés burundais vivant à l’est de la République Démocratique du Congo. Un voyage vers la dignité soutenu par l’Union européenne.
C’est le début d’un nouveau chapitre. Après des années d’exil passées dans les camps de Lusenda et de Mulongwe, situés dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu), plusieurs familles burundaises s’apprêtent à fouler à nouveau le sol de leur patrie. Ce retour, tant attendu, est le fruit d’un travail de longue haleine mené par le HCR, les autorités congolaises et un solide réseau de partenaires humanitaires.
L’objectif, c’est d’offrir une solution durable à ces hommes, ces femmes et ces enfants en garantissant un rapatriement volontaire, réalisé dans la dignité et la sécurité la plus stricte.

Quand le climat s’en mêle : le défi du lac Tanganyika
Mener à bien une telle opération humanitaire dans l’est de la RDC relève parfois du parcours du combattant. Aux enjeux sécuritaires de la région s’est ajoutée une crise climatique majeure : la montée spectaculaire des eaux du lac Tanganyika.
Ces inondations ont longtemps paralysé les routes et bloqué les mouvements de transport logistique. Pour contourner cet obstacle, une stratégie d’adaptation a dû être mise en place en urgence. Les réfugiés des camps de Lusenda et Mulongwe ont d’abord été relocalisés vers le centre de transit de Kamvivira, situé plus au nord, dans le territoire d’Uvira. Un détour stratégique pour mieux sauter vers la frontière.
La montée des eaux des grands lacs d’Afrique de l’Est, accentuée par le dérèglement climatique, perturbe de plus en plus fréquemment les axes logistiques des opérations humanitaires dans la région.
Kamvivira : une escale modernisée avant la frontière
Pour que l’attente ne se transforme pas en calvaire, le centre de transit de Kamvivira a fait peau neuve. Grâce à l’appui financier d’EU International Partnerships (le partenariat international de l’Union européenne), les infrastructures d’accueil ont été considérablement améliorées.

Logements temporaires renforcés, accès aux soins, installations sanitaires : tout a été pensé pour que les familles passent cette dernière étape de leur exil dans les meilleures conditions possibles. Sur le terrain, une véritable fourmilière humanitaire s’active au quotidien. Les équipes du HCR travaillent main dans la main avec la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR) et une coalition d’ONG (AIRD, ADSSE, AIDES, ADES, CIAUD, ACTION AID) pour évaluer les intentions de retour, finaliser les documents administratifs et organiser les convois.
Ce pont humanitaire jeté entre la RDC et le Burundi rappelle que la gestion des flux de réfugiés est avant tout une question de solidarité internationale. En soutenant financièrement et logistiquement ces rapatriements, les acteurs internationaux permettent à des milliers de personnes de retrouver leurs droits civiques, leurs terres et leurs proches.
Pour ces familles, le voyage qui s’amorce est bien plus qu’un simple déplacement géographique : c’est la reconstruction d’une vie, chez soi, en toute sécurité.
