
Par Denise Kyalwahi
Réunis en webinaire à l’initiative d’AICED RDC et de SOPRODE Asbl, les acteurs de la société civile, les médias et les experts environnementaux ont fait le point sur les avancées des négociations internationales en vue d’un traité mondial contre la pollution plastique. Les participants ont réaffirmé leur engagement à soutenir une position ambitieuse de la République démocratique du Congo lors des prochaines étapes des discussions.
Une mobilisation nationale après les discussions de Nairobi
À la suite de la réunion en présentiel des chefs de délégation du Comité de négociation intergouvernemental (INC), organisée à Nairobi (Kenya) du 30 juin au 3 juillet 2026, AICED RDC, en partenariat avec SOPRODE Asbl, a organisé un webinaire de restitution destiné aux organisations de la société civile et aux médias engagés dans la lutte contre la pollution plastique.
Cette rencontre virtuelle a réuni 29 structures congolaises. Elle avait pour objectif de partager les principales conclusions des négociations et de renforcer la coordination des actions de plaidoyer en faveur d’un traité mondial juridiquement contraignant capable de répondre efficacement à la crise de la pollution plastique.
Trois actions de plaidoyer pour soutenir la position de la RDC
Ouvrant les travaux, Nyebone Faustin a rappelé les différentes initiatives entreprises par les organisations de la société civile afin d’accompagner les négociations internationales.
Il a notamment cité trois principales actions de plaidoyer : l’envoi d’une note au point focal de la RDC auprès du Comité de négociation intergouvernemental avant la Conférence des Nations unies sur les océans, la signature d’une lettre commune durant les travaux de l’INC 5.1 ainsi que la transmission d’une position commune aux délégués congolais présents à Nairobi.
Selon lui, ces démarches visaient à encourager la RDC à défendre un traité ambitieux couvrant l’ensemble du cycle de vie du plastique et intégrant la protection de la santé humaine, de l’environnement, des droits humains ainsi que du climat.

GAIA Afrique plaide pour une approche couvrant tout le cycle de vie du plastique
Intervenant au cours du webinaire, Merissa Sami, gestionnaire du programme Plastics pour l’Afrique au sein de GAIA, est revenue sur l’historique des négociations ayant conduit à l’élaboration du futur traité mondial.
Experte en pollution par les microplastiques marins, elle a expliqué le rôle joué par GAIA dans l’accompagnement technique des organisations africaines impliquées dans ce processus international.
Elle a insisté sur le fait que le futur traité ne devrait pas se limiter à la gestion des déchets plastiques, mais prendre en compte toutes les étapes de leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur élimination, afin d’apporter une réponse durable à la pollution.
Les principaux points débattus à Nairobi
Le point focal de la RDC auprès du Comité de négociation intergouvernemental, Bope Bope Lapwong Jean Marie, également chef et coordonnateur national du Centre de contrôle et de surveillance de la pollution marine (CCPM) au ministère de l’Environnement et du Développement durable, a présenté les principales avancées enregistrées lors de la réunion de Nairobi.
Selon lui, quatre grandes questions ont dominé les négociations.
La première concerne le mécanisme de financement. Les pays africains continuent de réclamer un dispositif financier adapté à leurs réalités, avec des modalités d’accès simplifiées afin de soutenir la mise en œuvre des futures obligations du traité.
Le deuxième point porte sur le cycle de vie complet du plastique. La majorité des délégations africaines soutiennent un traité couvrant toutes les étapes de la vie des plastiques, depuis leur fabrication jusqu’à leur élimination. Seuls cinq pays africains défendent une approche différente.
Les négociations ont également porté sur la structure du futur traité. Si des progrès importants ont été réalisés concernant les objectifs généraux de l’accord, des divergences persistent sur certaines dispositions, notamment la reconnaissance du plastique comme produit dangereux ou encore la liste des substances chimiques dangereuses qu’il contient.
Enfin, les délégations ont examiné le mode de prise de décision. Le représentant de la RDC a expliqué que la recherche permanente du consensus ralentit parfois les discussions. Plusieurs négociateurs africains proposent ainsi un mécanisme permettant de recourir au vote lorsqu’aucun consensus ne peut être trouvé, afin d’éviter le blocage des négociations.
Un traité attendu pour protéger la santé et l’environnement
À l’issue du webinaire, les participants ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les actions de sensibilisation et de plaidoyer afin que la République démocratique du Congo continue à défendre un traité mondial ambitieux, juridiquement contraignant et fondé sur l’ensemble du cycle de vie des plastiques.
Pour les organisations participantes, l’adoption d’un tel accord constitue une opportunité majeure pour réduire la pollution plastique, protéger la biodiversité, préserver les ressources naturelles et limiter les impacts de cette pollution sur la santé humaine et le climat. Elles estiment que les prochaines sessions de négociation seront déterminantes pour parvenir à un consensus mondial capable de répondre efficacement à l’un des plus grands défis environnementaux de notre époque.
