
Par la rédaction
À Beni, la radio communautaire ne se limite plus à informer. Elle contribue également à éduquer les citoyens sur les enjeux environnementaux et peut influencer leurs comportements. C’est ce que révèle une étude consacrée à la contribution des médias communautaires à la protection de l’environnement dans la ville de Beni.
L’information peut-elle contribuer à mieux protéger l’environnement ? À Beni, les résultats d’une recherche menée par Premiss Batita tendent à répondre par l’affirmative. Présentée le 6 août 2026 à l’Université Officielle de Semuliki, cette étude s’est penchée sur le rôle joué par les radios communautaires et locales dans la sensibilisation de la population aux questions environnementales.
La recherche a porté sur cinq stations opérant dans la ville de Beni : Radio Télé Mungano, Radio Télé Rwanzururu, RTGB, Radio du Peuple Congolais et Oasis Congo. Ces médias proposent des programmes consacrés, entre autres, à l’assainissement, à la gestion des déchets, à la pollution, à la protection des cours d’eau et à la préservation de l’environnement.
De l’information à la prise de conscience
L’un des principaux enseignements de l’étude réside dans le niveau d’exposition de la population aux messages environnementaux. Neuf personnes interrogées sur dix, soit 90 %, déclarent avoir déjà suivi une émission consacrée à l’environnement.
Pour Premiss Batita, cette forte audience traduit la capacité des radios communautaires à atteindre un public important et à faire entrer les préoccupations environnementales dans les foyers.
Mais l’impact ne se limite pas à l’écoute. 74,6 % des personnes interrogées affirment que ces programmes leur permettent de mieux comprendre les problèmes environnementaux auxquels leur communauté est confrontée. La radio apparaît ainsi comme un véritable outil d’éducation, capable de transformer des questions parfois complexes en informations accessibles au grand public.
L’étude met surtout en évidence un possible passage de la connaissance à l’action. 65,4 % des enquêtés déclarent avoir modifié certaines de leurs pratiques à la suite des messages diffusés par les radios, en adoptant des comportements qu’ils jugent plus respectueux de l’environnement.
Ce résultat suggère que la sensibilisation médiatique peut contribuer à provoquer une prise de conscience et à influencer les habitudes quotidiennes, notamment en matière d’assainissement et de gestion des déchets.
La proximité, un atout majeur
La confiance accordée à ces médias constitue également un élément important. 82,3 % des personnes interrogées considèrent la radio communautaire comme un moyen important, voire l’un des meilleurs moyens, de sensibilisation aux questions environnementales.
Cette perception pourrait s’expliquer par la proximité qui existe entre les radios communautaires et leurs auditeurs. En traitant des problèmes directement visibles dans les quartiers et les communautés, ces médias permettent de rapprocher les enjeux environnementaux du quotidien des habitants.
Les émissions offrent par ailleurs des espaces d’échanges réunissant spécialistes, autorités, organisations de la société civile et citoyens. Ces interactions permettent aux auditeurs de poser des questions, de partager leurs expériences et de mieux comprendre les conséquences de certaines pratiques sur leur cadre de vie.
À Beni, où l’assainissement, la gestion des déchets et la pollution demeurent des préoccupations importantes, cette fonction éducative des médias peut donc jouer un rôle déterminant dans la mobilisation communautaire.
La radio ne peut pas tout faire
Malgré ces résultats encourageants, l’étude rappelle que la sensibilisation médiatique ne saurait, à elle seule, régler les problèmes environnementaux.
Les messages diffusés à travers les ondes doivent être accompagnés de mesures concrètes : amélioration de l’assainissement, meilleure gestion des déchets, protection des rivières et renforcement des initiatives environnementales sur le terrain.
Les radios sont également encouragées à développer davantage leurs programmes environnementaux, notamment en multipliant les émissions interactives et les contenus pratiques susceptibles d’aider les auditeurs à traduire l’information reçue en actions concrètes.
De leur côté, les autorités et les organisations environnementales sont appelées à travailler davantage avec les médias afin de renforcer l’impact des campagnes de sensibilisation.
Un média au service du changement
Au terme de son travail, Premiss Batita considère les radios communautaires comme de véritables acteurs de l’éducation et de la sensibilisation environnementales à Beni.
Les chiffres issus de l’étude sont éloquents : 90 % des enquêtés ont déjà été exposés à des émissions environnementales, 74,6 % déclarent avoir amélioré leurs connaissances sur les problèmes locaux, tandis que 65,4 % affirment avoir changé certaines de leurs pratiques. Par ailleurs, 82,3 % accordent une place importante à la radio communautaire dans la sensibilisation environnementale.
Ces résultats montrent que la radio peut dépasser sa fonction traditionnelle de transmission de l’information. Elle peut expliquer, interpeller, susciter le débat et, dans certains cas, contribuer à faire évoluer les comportements.
Mais pour transformer durablement cette prise de conscience en résultats visibles, un effort collectif reste nécessaire. Les médias peuvent sensibiliser et mobiliser ; les autorités doivent créer les conditions permettant aux citoyens d’agir, tandis que les communautés doivent s’approprier les bonnes pratiques.
L’étude défendue le 6 août à l’Université Officielle de Semuliki ouvre ainsi une réflexion sur le renforcement des partenariats entre médias communautaires, pouvoirs publics et acteurs environnementaux.
À Beni, la protection de l’environnement pourrait donc aussi commencer par un geste simple : écouter, comprendre et agir.
