Nord-Kivu : A Beni, Premiss Batita marque sa graduation par un plaidoyer pour la sauvegarde des rivières locales

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Par Patrick Mapenzi 

La cérémonie de collation des grades sur le campus de l’Université Officielle de Semuliki (UOS) à Beni, ce vendredi 14 août 2026 a pris une tournure inattendue. Au milieu des toges et des applaudissements, Premiss Batita,  journaliste environnementale à Radio Télévision Rwanzururu et correspondante pour Naturelcd.net a saisi la tribune pour lancer un plaidoyer vibrant en faveur de la protection des cours d’eau locaux.

Alors que la promotion 2026 célébrait ses acquis académiques, la désormais ancienne étudiante, Premiss Batita a brandi une pancarte portant un message simple et sans équivoque : 

« Tuha, Biatu, Munyambelu, Kilolowa… toutes nos rivières méritent mieux, pas la pollution ! » 

Par ce geste symbolique, elle a voulu attirer l’attention sur la dégradation progressive des rivières qui alimentent et servent quotidiennement les habitants de Beni.

Les rivières Tuha, Biatu, Munyambelu et Kilolowa ne sont pas de simples cours d’eau : elles constituent des sources d’eau domestique, des lieux de pêche, d’irrigation et des repères culturels pour les communautés riveraines. Selon Premiss et plusieurs observateurs locaux, ces milieux subissent une pression croissante liée au rejet sauvage d’ordures ménagères et plastiques, à l’absence ou au mauvais fonctionnement des dispositifs de gestion des déchets, et à un suivi environnemental insuffisant.

Plutôt que de se contenter d’un constat, la jeune journaliste a proposé des actions précises et réalisables pour inverser la tendance :

– Cesser immédiatement le jet de déchets plastiques et ménagers dans le lit des rivières.

– Organiser et participer à des travaux communautaires réguliers de nettoyage des berges et des lits.

– Informer et mobiliser les familles et voisins sur les risques sanitaires et écologiques liés à la pollution de l’eau.

Ces mesures, simples mais déterminantes, visent à instaurer une responsabilité collective autour de la préservation des ressources hydriques.

Premiss Batita a insisté sur la nécessité d’une collaboration entre plusieurs acteurs pour assurer l’efficacité des actions :

– Les autorités publiques : appliquer et renforcer la réglementation relative à la gestion des déchets et aux protections des zones riveraines.

– Les organisations environnementales : assurer le suivi, l’évaluation et le plaidoyer permanent.

– La jeunesse et la société civile : porter le changement de comportement et animer des initiatives locales sur le long terme.

Elle a rappelé que la réussite académique prend tout son sens lorsqu’elle se met au service de la communauté et de son environnement.

Le choix d’intervenir lors d’une cérémonie universitaire n’est pas anodin. Ce geste a amplifié le message et permis d’atteindre un public large notamment : étudiants, enseignants, autorités locales et médias susceptible d’agir ou de relayer l’alerte. En transformant un moment de célébration personnelle en appel civique, Premiss a illustré combien l’engagement citoyen peut s’inscrire dans la vie quotidienne et institutionnelle.

La voix d’une diplômée de l’UOS a rappelé que la défense de l’environnement commence par des gestes simples et une volonté collective. Protéger les rivières Tuha, Biatu, Munyambelu et Kilolowa n’est plus une option, mais une nécessité vitale pour garantir la santé, la sécurité alimentaire et l’avenir des populations de Beni. Le défi à présent : transformer cet élan citoyen en actions durables et visibles sur le terrain.

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