Sud-Kivu : à Buhozi, des centaines de familles sinistrées lancent un cri d’alarme face aux catastrophes et au manque d’assistance

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Par Patrick Mapenzi 

Dans le village de Buhozi, groupement de Mudusa, territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, des familles victimes de catastrophes naturelles lancent un appel pressant aux autorités, aux organisations humanitaires et aux partenaires au développement. Elles dénoncent des conditions de vie devenues particulièrement difficiles après la destruction de maisons et de biens, dans un contexte également marqué par l’arrivée de personnes déplacées par les conflits armés.

Selon Héritier Mongane, secrétaire et porte-parole des victimes, les habitants de plusieurs zones touchées, notamment Chirhambi et Luhorhe, restent confrontés aux conséquences des glissements de terrain, éboulements, érosions et fissures du sol. Il affirme que ces phénomènes menacent encore des habitations et des terres cultivées.

Des catastrophes signalées depuis février 2024

D’après les témoignages transmis par les représentants des sinistrés, la situation s’est fortement détériorée à partir de février 2024. Depuis lors, de nouvelles fissures seraient régulièrement observées dans le sol, y compris à proximité de zones habitées.

Les sinistrés affirment que les dégâts se poursuivent aussi bien pendant la saison pluvieuse que durant la saison sèche. Certaines familles auraient perdu leur habitation ainsi qu’une grande partie de leurs biens, sans possibilité de les récupérer.

A cette vulnérabilité environnementale s’ajoute la présence de personnes déplacées ayant fui les zones touchées par les conflits armés dans l’est de la RDC. Cette pression supplémentaire sur les ressources locales complique davantage une situation humanitaire déjà fragile.

Les représentants des victimes identifient plusieurs besoins prioritaires : abris et logements sûrs, nourriture, accès aux soins médicaux, eau potable, assainissement et scolarisation des enfants.

De nombreuses familles sinistrées ne disposeraient toujours pas d’un logement adéquat. Pour les enfants, la situation est particulièrement préoccupante : certaines familles disent ne plus être en mesure de supporter les frais liés à leur scolarisation ou de leur procurer les fournitures scolaires nécessaires.

Le manque de nourriture constitue également une préoccupation majeure. Les représentants communautaires craignent une aggravation de la malnutrition, particulièrement chez les enfants et les personnes les plus vulnérables.

Des risques sanitaires préoccupants

Les sinistrés alertent également sur des problèmes de santé qu’ils associent à leurs conditions de vie précaires. Ils font notamment état de maladies hydriques, de cas de malnutrition et de risques liés au choléra, ainsi que d’un accès insuffisant aux soins médicaux.

Ils signalent par ailleurs des traumatismes psychologiques liés à la perte des habitations, des biens et aux déplacements forcés. Des risques de violences sexuelles sont également évoqués dans ce contexte de grande vulnérabilité.

Ces différentes affirmations, rapportées par les représentants des victimes, nécessitent une documentation approfondie par les services compétents et les acteurs humanitaires afin d’établir précisément l’ampleur des besoins et d’organiser une réponse adaptée.

« Nous demandons une intervention urgente »

Face à cette situation, Héritier Mongane, qui se présente comme secrétaire, porte-parole et lui-même victime des catastrophes, appelle les autorités administratives, les organisations non gouvernementales, les agences humanitaires, les fondations et les personnes de bonne volonté à intervenir.

Les sinistrés réclament notamment une évaluation humanitaire rapide des zones affectées, suivie d’une assistance d’urgence pour les familles les plus vulnérables.

Ils demandent également que des spécialistes puissent examiner les fissures, glissements de terrain et autres signes de dégradation des sols afin de déterminer les zones présentant un danger pour les habitants et, si nécessaire, organiser leur relocalisation vers des endroits plus sûrs.

Un appel à la mobilisation avant de nouvelles pertes humaines

Pour les habitants concernés, l’urgence est désormais de prévenir une nouvelle catastrophe. La persistance des fissures et des mouvements de terrain fait craindre de nouveaux dégâts, particulièrement dans les secteurs où les maisons restent exposées.

Au-delà de l’aide immédiate, une réponse durable nécessiterait également des mesures de prévention des catastrophes, de protection de l’environnement, de stabilisation des sols et d’accompagnement des communautés exposées.

« Veuillez jeter un coup de main aux victimes qui sont dans la souffrance », plaide Héritier Mongane dans son message d’alerte.

A Buhozi, les sinistrés espèrent désormais que leur appel sera entendu. Ils demandent une mobilisation urgente afin que les familles touchées puissent bénéficier d’abris sûrs, de nourriture, de soins médicaux, d’eau potable et d’un accompagnement permettant aux enfants de reprendre leur scolarité.

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