
Par Patrick Mapenzi
C’est un coup de tonnerre dans le secteur minier de la province du Sud-Kivu. Par un arrêté ministériel signé ce 22 mai 2026 à Kinshasa, le Ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, a ordonné la suspension immédiate et totale de toutes les activités minières dans les territoires de Mwenga et de Shabunda. Une mesure de force motivée par des impératifs sécuritaires et une recrudescence alarmante de l’exploitation illicite.
Selon cet arrêté ministériel n° 00305/CAB.MIN/MINES/01/2026 la suspension est d’une durée stricte de trois (3) mois où le gouvernement central gèle l’intégralité des activités extractives dans ces deux territoires particulièrement riches en ressources minérales.

Cette décision fait suite à des rapports accablants des services publics administratifs ainsi qu’à des conclusions d’enquêtes parlementaires. Ces documents dénoncent d’une même voix la recrudescence des activités minières illicites dans la province. Au-delà du pillage économique, le gouvernement pointe du doigt un impact national majeur : le financement occulte de projets de déstabilisation des institutions de la République à travers ces circuits d’argent sale.
Pour le ministre Louis Kabamba Watum, l’urgence est double : restaurer l’ordre public et assainir la chaîne d’approvisionnement. L’arrêté insiste sur la nécessité absolue de soumettre l’exploitation des substances minérales dans cette partie du pays aux normes internationales de transparence et de traçabilité.

Pour veiller à l’application stricte de cette mesure et nettoyer le secteur, une action de terrain d’envergure est annoncée :
« Une mission de contrôle de l’Inspection Générale des Mines, en collaboration avec les autres services étatiques compétents, sur la légalité et la licéité de l’exploitation minière, est diligentée par le Ministre des Mines. »
Cette mission aura pour mandat de documenter les faits frauduleux, d’identifier formellement les auteurs de ces réseaux illégaux, et de préconiser des mesures coercitives ou correctives exemplaires, conformément aux lois de la République.
Reste désormais à savoir comment cette suspension sera accueillie sur le terrain à Mwenga et Shabunda, des zones souvent en proie à des défis logistiques et sécuritaires complexes, et si les réseaux clandestins obtempéreront face à la fermeté affichée par Kinshasa. Une chose est sûre : le bras de fer pour le contrôle des minerais du Sud-Kivu vient de franchir un nouveau cape.
