
Par Denise Kyalwahi
Le journaliste John Mawa Rutarwa a été attaqué par des hommes armés dans la nuit du 28 au 29 mai 2026. Il venait de couvrir un briefing officiel sur la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
L’agression a eu lieu alors qu’il regagnait son domicile à Bunia : des individus armés ont surgi devant et l’ont directement attaqué. C’est par miracle qu’il a échappé à ses agresseurs.
Quelques heures avant l’attaque, le journaliste couvrait une conférence de presse conjointe organisée par le gouvernement congolais. Animée par Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication, et le Dr Roger Samuel Kamba Mulamba, ministre de la Santé, cette rencontre visait à faire le point sur la 17ᵉ épidémie d’Ebola, due à la souche Bundibugyo, moins fréquente que la souche Zaïre habituellement observée en RDC.
L’attaque contre John Mawa Rutarwa ne survient pas par hasard. Elle relance une fois de plus la question de la liberté de la presse en RDC, particulièrement dans les zones de conflit. La province de l’Ituri reste minée par la présence de groupes armés nationaux et étrangers, ainsi que par des affrontements récurrents, notamment au Nord et Sud-Kivu voisins. De plus, on observe une certaine résistance et un déni total de la part de certains habitants quant à l’existence de cette maladie dans cette province de la RDC.
Actuellement, l’état de santé du journaliste et les circonstances précises de cet acte criminel n’ont pas encore été communiqués officiellement, ni par les autorités, ni par ses proches. John Mawa est désormais contraint de vivre dans la clandestinité, tandis que sa famille, la peur au ventre, craint pour sa sécurité.
Les journalistes couvrant les crises sanitaires évoluent sous une menace constante dans cette région. En 2019, le reporter Papy Mahamba Mumbere avait été assassiné dans la même zone, sa femme blessée et sa maison incendiée, alors qu’il travaillait sur une précédente épidémie d’Ebola.
Face à cette nouvelle agression, les organisations de défense de la liberté de la presse exigent :
- Une enquête rapide et transparente ;
- La protection immédiate du journaliste et de sa famille ;
- Des mesures de sécurité renforcées pour les professionnels des médias couvrant l’est du pays ;
- La poursuite en justice des auteurs de cet acte.
