Fizi : à Mulima, la crise de l’eau potable vire à l’affrontement entre civiles et épouses de militaires

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Par la Rédaction

Dans le territoire de Fizi, la pénurie d’eau n’est plus seulement une crise sanitaire ou économique : elle est devenue une menace directe pour la paix sociale. Le 13 juin dernier, des tensions autour d’un point d’eau ont dégénéré en violences à Mulima, situé dans le groupement de Basilocha, secteur de Tanganyika illustrant l’urgence absolue d’une intervention humanitaire et étatique. La rareté de cette ressource vitale vient de franchir un seuil critique, brisant le tissu social et la sécurité des habitants.

Pour les ménages de Mulima, s’approvisionner en eau est une épreuve de force quotidienne qui repose entièrement sur les épaules des femmes. Selon les alertes du mouvement citoyen « Machozi Ya Raïya », l’unique point d’eau salubre accessible se trouve à plus d’un kilomètre des habitations.

Chaque jour, ce sont des marches interminables sous le soleil ou à l’aube. Au-delà de la fatigue physique, ce trajet expose ces femmes et ces jeunes filles à une insécurité permanente et à des risques majeurs de violences basées sur le genre (VBG). L’accès à l’eau est ici un combat ordinaire qui se joue au péril de leur intégrité physique.

À force de puiser dans une source tarie qui ne répond plus aux besoins d’une population en pleine croissance, la tension a fini par exploser. Le samedi 13 juin 2026, le point d’eau est devenu le théâtre d’une scène de désolation.

D’après les témoignages recueillis par « Machozi Ya Raïya », une dispute liée aux priorités et aux conditions d’accès à la source a éclaté. La querelle a rapidement dégénéré en un affrontement physique tendu entre des épouses de militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et des femmes civiles du village. Cet incident, bien que localisé, tire la sonnette d’alarme sur le niveau d’exaspération d’une communauté à bout de souffle.

« Quand l’eau devient plus rare que l’or, la solidarité s’efface devant l’instinct de survie. Cet affrontement est le symptôme d’une crise humanitaire qui couve. », a déclaré un acteur de la société civile.

Face à ce climat délétère, le mouvement citoyen « Machozi Ya Raïya », ne mâche pas ses mots. L’organisation interpelle directement les autorités compétentes, les partenaires gouvernementaux ainsi que les ONG nationales et internationales. Il y a urgence à agir avant que de nouveaux incidents, potentiellement plus graves, ne surviennent.

La solution est connue de tous : l’aménagement rapide et le déploiement de nouveaux points d’approvisionnement en eau potable au cœur même du village de Mulima.

Pour les leaders d’opinion et les acteurs humanitaires de la région, cette intervention est une priorité absolue. Elle permettrait non seulement d’alléger le fardeau quotidien des femmes et d’améliorer la santé publique, mais elle s’avère surtout indispensable pour restaurer la sécurité et la stabilité sociale entre civils et familles des forces de l’ordre.

En attendant une réponse des décideurs, les habitants de Mulima continuent de marcher, la peur au ventre et le jerrycan à la main, espérant que leur cri de détresse sera enfin entendu.

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