Walungu : Le calvaire respiratoire des habitants de Kashungurhi, devenus le « dépotoir » de Bukavu

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Par La Rédaction

C’est un véritable cri de détresse qui s’élève du territoire de Walungu. Le sous-village de Kashungurhi, situé dans le village de Lukuga, groupement de Karhongo-Nyangezi, est en train d’étouffer sous le poids des déchets. Devenue la décharge publique non officielle de la ville de Bukavu, cette localité vit une crise environnementale et sanitaire sans précédent, exacerbée par le retour des pluies.

Lors d’une descente sur le terrain, notre confrère journaliste Pascal Boji a pu constater l’ampleur des dégâts et recueillir le désarroi d’une population abandonnée à son triste sort.

Sur place, le décor est apocalyptique. Des montagnes de détritus à perte de vue, transportées quotidiennement depuis les centres urbains de Bukavu, s’entassent à Kashungurhi. Pour les riverains, le quotidien est devenu un enfer visuel, mais surtout olfactif.

Selon les observations de Pascal Boji, les habitants de cette partie de Karhongo-Nyangezi respirent à longueur de journée un air lourd et une odeur nauséabonde. Ce cocktail toxique fait craindre l’apparition imminente de maladies respiratoires et hydriques au sein de la communauté, particulièrement chez les enfants.

Si la situation est déjà intenable en temps normal, elle devient catastrophique lorsque les intempéries s’en mêlent. En période de pluie, le site de décharge se transforme en un torrent de boue toxique. Les eaux de ruissellement lavent les déchets, polluant les champs environnants et les rares sources d’eau potable de la région.

« Pendant la pluie, habajuwe kwenyi batakimbiliya » pour dire :  «Pendant la pluie, ils ne sauront pas où fuir », s’alarme-t-on sur place. 

Cette expression locale résume à elle seule l’impasse totale dans laquelle se trouvent ces familles : prises au piège entre des habitations inondées par des eaux souillées et l’impossibilité de se déplacer à cause de la boue et des émanations de gaz toxiques.

Cette crise met en lumière le manque criant de politique de gestion de déchets dans la ville de Bukavu, qui se décharge de ses responsabilités sur les communautés rurales périphériques de Kabare et Walungu. Sans infrastructures adéquates de traitement ou de recyclage, Kashungurhi est sacrifié sur l’autel de l’urbanisation de la province.

Face à ce désastre humanitaire et écologique qui couve à Nyangezi, les chefs locaux, la société civile et les riverains lancent un appel urgent aux autorités provinciales du Sud-Kivu et aux partenaires environnementaux. Il est urgent de stopper ce déversement anarchique, de désinfecter le site et de trouver une solution durable pour les déchets de Bukavu avant que l’irréparable ne se produise.

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