Dégradation des terres : la COP17 s’ouvre en Mongolie sur un appel à passer des engagements à l’action

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La dix-septième Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD COP17) s’est ouverte ce lundi 17 Août 2026 à Ulaanbaatar, en Mongolie, avec l’ambition d’accélérer la restauration des terres et de renforcer la résilience des populations face aux crises environnementales.

La rencontre, prévue du 17 au 28 août, réunit les représentants des 197 Parties à la Convention, ainsi que des gouvernements, scientifiques, organisations internationales, institutions financières, entreprises, jeunes, peuples autochtones, agriculteurs et communautés pastorales.

Pendant deux semaines, les participants doivent notamment examiner les moyens de renforcer la résilience face à la sécheresse, restaurer les terres dégradées, protéger les sols et les pâturages et mobiliser davantage de financements.

Une crise qui touche les populations et les économies

La dégradation des terres, la sécheresse et la raréfaction de l’eau ne constituent plus seulement des préoccupations environnementales. Elles affectent directement la production alimentaire, les moyens de subsistance, les économies et la stabilité des communautés.

Selon les données présentées par l’UNCCD, la dégradation des terres et la sécheresse coûtent près de 900 milliards de dollars par an à l’économie mondiale et affectent jusqu’à 40 % des terres de la planète ainsi que 3,2 milliards de personnes.

La sécheresse s’est également intensifiée au cours des dernières décennies. Depuis 2000, les épisodes de sécheresse ont augmenté de près d’un tiers et provoquent au moins 300 milliards de dollars de pertes chaque année.

Face à cette situation, la COP17 entend encourager une approche davantage axée sur l’anticipation et la prévention.

Plus de 70 pays disposent aujourd’hui de plans nationaux de lutte contre la sécheresse, contre seulement trois en 2013. Les discussions porteront notamment sur les systèmes d’alerte précoce, l’évaluation des vulnérabilités, la préparation des communautés et la coopération internationale.

Un déficit de financement de plusieurs milliards

La restauration des terres nécessite cependant des ressources importantes.

L’UNCCD estime à 355 milliards de dollars par an les investissements nécessaires pour lutter contre la dégradation des terres et la sécheresse. Les financements actuels ne représentent qu’environ 77 milliards de dollars, soit un déficit annuel de quelque 278 milliards de dollars.

La COP17 veut donc favoriser une mobilisation accrue du secteur privé et renforcer les partenariats entre États, institutions financières, entreprises et investisseurs.

Le programme de la conférence prévoit notamment des discussions consacrées au financement de la restauration des terres, aux paysages résilients et aux partenariats public-privé.

Les pâturages au centre des préoccupations

Autre priorité de cette COP17 : les pâturages et les communautés pastorales.

Ces espaces représentent environ 54 % des terres émergées et contribuent aux moyens de subsistance de près de deux milliards de personnes. Ils jouent également un rôle essentiel dans la production alimentaire, la biodiversité et la résilience face au changement climatique.

Pourtant, une partie importante des pâturages mondiaux est aujourd’hui dégradée ou menacée.

Dans ce contexte, les participants doivent discuter de nouvelles politiques destinées à renforcer la gestion durable des pâturages et à mieux prendre en compte les connaissances et les besoins des communautés pastorales.

La question de l’eau occupe également une place importante dans les travaux de la COP17. Le programme officiel prévoit notamment des échanges sur la gestion de l’eau agricole, la sécurité hydrique et le lien entre eau, terres, biodiversité et climat.

Vers une meilleure coopération internationale

La COP17 constitue aussi une occasion de renforcer la coopération entre les grandes conventions environnementales issues du Sommet de Rio.

Organisée avant les conférences internationales consacrées à la biodiversité et au climat, elle doit contribuer à rapprocher les réponses apportées à la dégradation des terres, au changement climatique, à la perte de biodiversité, à l’insécurité alimentaire et aux problèmes liés à l’eau.

Pour l’UNCCD, le véritable succès de cette conférence ne se mesurera pas uniquement au nombre de décisions adoptées, mais à leur capacité à produire des changements concrets sur les territoires.

L’enjeu est donc désormais de passer des engagements à la mise en œuvre, afin que la restauration des terres devienne un levier de sécurité alimentaire, de protection de l’eau, de développement économique et de résilience des communautés.

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