
Par Denise Kyalwahi
Kinshasa a accueilli un sommet mondial consacré à la diplomatie, placé sous le thème : « RDC, cœur de l’Afrique : la diplomatie contemporaine comme levier pour promouvoir un développement durable ». Dans une salle réunissant des jeunes venus de plusieurs provinces de la République démocratique du Congo et de différents pays, les discussions ont notamment porté sur la place de la jeunesse dans les relations internationales et dans la construction de la paix.
Prenant la parole devant les participants, Jonathan Masuta, président régional du Forum international de la jeunesse africaine pour le développement de l’Afrique (FIJADA), a lancé un appel à repenser la diplomatie en donnant davantage de place aux jeunes.
Pour lui, la diplomatie ne doit pas rester limitée aux documents officiels, aux bureaux ou aux grandes conférences entre décideurs. Elle doit également être un outil au service des populations et particulièrement de la jeunesse.
« Nous voici réunis à Kinshasa, non pas pour parler seulement de la diplomatie, mais pour discuter de l’avenir du Congo, discuter de l’Afrique, mais surtout de cette jeunesse riche en potentialités, mais pauvre en opportunités », a-t-il déclaré.

Une jeunesse venue de plusieurs horizons
Dans son intervention, Jonathan Masuta a salué la présence des jeunes réunis dans la capitale congolaise, estimant qu’ils représentaient, au-delà de la salle, une partie de la jeunesse congolaise vivant en RDC comme à l’étranger.
La rencontre a rassemblé des participants issus de différentes provinces de la RDC, mais également de plusieurs pays africains, notamment l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Ghana, le Cameroun, le Nigeria, le Lesotho, le Liberia, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Tchad, l’Égypte et la Namibie. Des participants venus du Canada étaient également présents.
Pour le responsable du FIJADA, cette diversité montre que les questions diplomatiques ne concernent pas uniquement les gouvernements. Elles touchent également les jeunes, appelés à jouer un rôle dans les décisions qui détermineront l’avenir du continent.
La RDC, « au cœur de l’Afrique »
Pourquoi organiser un tel sommet en République démocratique du Congo ? Jonathan Masuta estime que la position et les potentialités du pays lui donnent une responsabilité particulière dans les débats sur l’avenir de l’Afrique.
« Au cœur de l’Afrique bat une puissance mondiale qui somnole, un pays dont les potentialités dépassent les frontières, un pays aux enjeux énergétiques, environnementaux et économiques qui concernent tout un continent », a-t-il soutenu.
La RDC dispose, selon lui, de ressources naturelles considérables qui peuvent contribuer au développement du pays et du continent. Mais le défi consiste à transformer ces potentialités en véritables opportunités pour les populations.

C’est dans cette perspective qu’il a posé une question centrale : « Comment faire en sorte que le monde ne vienne pas seulement prendre ce que la RDC possède, mais vienne construire avec elle ce dont l’Afrique a besoin ? »
Pour Jonathan Masuta, cette question résume l’un des grands enjeux de la diplomatie contemporaine.
Négocier au bénéfice des peuples
La diplomatie, selon lui, ne devrait pas se limiter à l’art de maintenir des relations entre États. Elle doit également permettre de négocier des partenariats capables de produire des résultats concrets pour les populations.
« Cette diplomatie n’est pas seulement l’art de parler avec le monde, mais l’art de négocier avec les autres au bénéfice d’un peuple. C’est l’enjeu de la diplomatie contemporaine », a-t-il affirmé.
Il appelle ainsi à faire de la diplomatie un véritable pont entre les peuples, notamment pour favoriser les investissements, le transfert de compétences, le partage des connaissances et la création de partenariats durables.
« La diplomatie doit être un pont entre les peuples pour attirer les investissements, transférer les compétences, partager les connaissances et surtout transformer une relation internationale en opportunité au bénéfice de nos peuples », a-t-il ajouté.
« Il n’y a pas d’Afrique forte sans une jeunesse forte »
Au terme de son intervention, le président régional du FIJADA a insisté sur la nécessité d’associer davantage les jeunes aux processus de décision.
Pour lui, la paix et le développement durable en Afrique ne pourront être construits sans une jeunesse suffisamment impliquée dans les affaires publiques, les relations internationales et les initiatives de développement.
« En tant que président du FIJADA, je porte une conviction simple : il n’y a pas d’Afrique forte sans une jeunesse forte. Il n’y a pas de diplomatie africaine forte sans une jeunesse diplomatiquement engagée. Il n’y aura pas de développement durable sans une jeunesse au cœur de la décision », a-t-il conclu.
À Kinshasa, son message résonne ainsi comme un plaidoyer pour une diplomatie davantage tournée vers les peuples, la paix et les générations futures. Une diplomatie qui, au-delà des discours et des accords, devrait selon lui contribuer à transformer les immenses potentialités de la RDC et de l’Afrique en opportunités concrètes pour les populations.
