
Par Emmanuel Kasereka bin Vikingi
Deux présumés trafiquants de produits issus d’espèces sauvages protégées ont été arrêtés à Kisangani, dans la province de la Tshopo, avec une peau d’okapi accompagnée de ses sabots ainsi qu’une peau de léopard. L’opération, menée le 23 septembre 2026, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la criminalité faunique en République démocratique du Congo.
Selon les informations issues de communication de Conserv Congo dont naturelcd.net a consulté, l’intervention a été conduite sous la coordination du Parquet de Grande Instance de Kisangani, avec la participation de la Police nationale congolaise (PNC) et de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). L’opération a notamment été rendue possible grâce aux renseignements collectés et transmis par Conserv Congo, organisation congolaise engagée dans la lutte contre le trafic des espèces sauvages.

Au cours de l’intervention, les agents ont saisi deux catégories de produits fauniques particulièrement sensibles : une peau d’okapi accompagnée de ses sabots et une peau de léopard. Les deux personnes interpellées figurent désormais parmi les personnes faisant l’objet des investigations, dont un policier qui, selon les éléments communiqués, se trouvait en tenue de service au moment de son arrestation.
Les premiers éléments de l’enquête font apparaître l’hypothèse d’un réseau plus vaste, susceptible de réunir plusieurs acteurs opérant dans différentes zones de la région, notamment dans le territoire du Bas-Uélé. Les enquêteurs poursuivent ainsi leurs investigations afin d’identifier les autres personnes potentiellement impliquées, y compris d’éventuels commanditaires et complices, conformément aux procédures judiciaires en vigueur en RDC.
Cette nouvelle affaire remet également en lumière la position stratégique de Kisangani dans les circuits de trafic des produits fauniques. Située au cœur du bassin du Congo, la ville constitue un important carrefour de circulation, susceptible de servir au transit de produits issus du braconnage vers plusieurs destinations, notamment par voie fluviale en direction de Kinshasa, mais aussi par route ou par avion vers d’autres centres urbains de la RDC et de la sous-région.

Dans sa communication relayée par naturalcd.net, Conserv Congo souligne que la protection de l’okapi et du léopard ne relève pas uniquement de la préservation de la biodiversité. Elle touche également aux questions de gouvernance, d’intégrité des institutions et d’application effective de la législation. L’implication présumée de personnes investies d’une mission publique, lorsqu’elle est établie par la justice, constitue notamment un enjeu supplémentaire dans la lutte contre les réseaux de criminalité faunique.
Conserv Congo salue la collaboration du Parquet de Grande Instance de Kisangani, de la Police nationale congolaise et de l’ICCN dans cette opération et réaffirme son engagement à accompagner les efforts nationaux contre la criminalité environnementale. Pour l’heure, les enquêtes se poursuivent afin de déterminer l’ampleur exacte du réseau présumé et d’établir les responsabilités individuelles dans cette affaire.
