
En Afrique, une grande quantité de déchets plastiques pouvant être valorisés échappe encore aux circuits de récupération. Environ 15,65 millions de tonnes de plastiques potentiellement récupérables seraient ainsi éliminées chaque année, représentant une perte économique estimée à 4,2 milliards de dollars.
Une question de gouvernance
Au-delà de la collecte et de l’évacuation des déchets, les participants à un webinaire consacré à cette problématique ont mis l’accent sur la gouvernance du secteur.
Pour Moutaïrou Badarou, panéliste, les pays africains doivent mettre en place des politiques et des stratégies capables de transformer la gestion des déchets en opportunité de développement.
« Une bonne gestion des déchets peut contribuer à faire reculer la pauvreté », a-t-il souligné.
De son côté, Junior Tchiteya rappelle que l’assainissement relève d’abord d’une responsabilité publique. Il estime toutefois que la gestion durable des déchets doit aller plus loin, en considérant les déchets comme une ressource économique.
Cette approche permettrait de mieux structurer les activités de collecte, de tri, de transformation et de recyclage, et de créer une véritable chaîne de valeur autour des déchets. Mais dans plusieurs villes africaines, cette chaîne reste encore peu organisée.
À Kinshasa notamment, des ménages paient pour l’évacuation de leurs déchets sans toujours savoir où ceux-ci sont acheminés ni ce qu’ils deviennent. Une enquête présentée lors du webinaire indique d’ailleurs qu’une importante partie des personnes interrogées ignore la destination finale de leurs déchets.
Clarifier le statut juridique des déchets
La question de la propriété et du statut juridique des déchets apparaît ainsi comme l’un des défis à résoudre.
Pour l’un des panélistes, il est nécessaire de définir légalement le statut des déchets, surtout si ceux-ci doivent être considérés comme une matière première pouvant être valorisée.
Les échanges ont également fait émerger une autre proposition : la création d’une agence nationale chargée de la gestion des déchets. Une telle structure pourrait contribuer à mieux coordonner les acteurs, renforcer la réglementation et favoriser le développement des filières de récupération et de recyclage.
L’enjeu n’est donc plus seulement de débarrasser les villes de leurs déchets, mais aussi de mettre en place un système capable de transformer une partie de ces déchets en ressources économiques et en opportunités d’emploi.
