Par Denise Kyalwahi
Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, veut faciliter l’accès des producteurs agricoles aux financements afin de stimuler la production locale et réduire la dépendance de la RDC aux importations alimentaires. Cette ambition était au centre d’une réunion consacrée à l’inclusion financière et aux investissements agricoles, organisée jeudi 5 novembre 2026 à Kinshasa.

L’accès limité au crédit reste l’un des principaux obstacles au développement de l’agriculture en République démocratique du Congo. Pour y remédier, le ministère de l’Agriculture entend rapprocher les institutions financières, les investisseurs et les producteurs autour de mécanismes de financement adaptés aux réalités du secteur.
C’est dans cette perspective que Muhindo Nzangi Butondo a lancé, jeudi 5 novembre, à l’Hôtel du Fleuve à Kinshasa, les travaux de la première réunion du Comité permanent sur l’inclusion financière et la promotion des investissements agricoles.
Cette rencontre vise à identifier des solutions durables pour faciliter le financement des activités agricoles et encourager les investissements dans les différentes filières de production.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre d’État a déploré la réticence des banques et des investisseurs à accompagner les opérateurs agricoles, notamment en raison du manque de garanties financières présentées par ces derniers.
Face à cette difficulté, il a appelé les différents acteurs à unir leurs efforts pour lever les obstacles qui privent les producteurs des ressources nécessaires au développement de leurs activités.
« Voilà pourquoi nous devons mettre nos énergies ensemble pour trouver une solution à ce défi », a-t-il déclaré.
Miser sur les investissements pour réduire les importations
Pour Muhindo Nzangi, la dépendance alimentaire de la RDC aux marchés extérieurs doit progressivement laisser place à une production nationale capable de répondre aux besoins de la population.
Le pays dispose, selon lui, d’importantes potentialités agricoles qui nécessitent des investissements conséquents pour être pleinement exploitées.
Le ministre a ainsi invité les investisseurs et les partenaires à s’intéresser aux différentes opportunités du secteur, notamment le développement des axes semenciers, la mécanisation agricole, la construction d’infrastructures de stockage et la transformation des produits agricoles.
Il a également assuré que le gouvernement reste disposé à examiner les propositions d’investissement susceptibles de contribuer à la modernisation et à la croissance du secteur.
Des mécanismes financiers adaptés aux réalités des producteurs
De leur côté, les membres du Comité permanent ont réaffirmé leur volonté de mettre en œuvre les recommandations formulées lors de l’atelier sur l’inclusion financière organisé en juin dernier.
Parmi les pistes retenues figurent l’amélioration de l’accès au crédit agricole, la création de produits financiers adaptés aux besoins des producteurs et le développement de mécanismes d’assurance agricole tenant compte des réalités locales.
La promotion des investissements dans les différentes chaînes de valeur agricoles figure également parmi les priorités.
À travers ce cadre de concertation, le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire entend favoriser une collaboration plus étroite entre les producteurs, les banques et les investisseurs.
L’objectif est de faire du financement un levier de développement de l’agriculture congolaise, capable de soutenir la production nationale, de créer des emplois et de renforcer progressivement la souveraineté alimentaire de la République démocratique du Congo.

