
À l’occasion de la septième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA-7), le gouvernement colombien a présenté un projet de résolution ambitieux visant à renforcer la gouvernance mondiale autour de l’extraction et de la gestion des minerais et des métaux. Ce texte, intitulé « Avancer vers des options d’instruments internationaux pour une gestion écologiquement rationnelle des minerais et des métaux », répond à l’urgence croissante de limiter les impacts environnementaux, sociaux et sanitaires liés à ces ressources stratégiques.
Des impacts mondiaux préoccupants
Le projet de résolution rappelle que l’extraction, le traitement et l’utilisation des minerais et des métaux figurent parmi les secteurs les plus polluants au monde. Ils contribuent fortement aux crises environnementales mondiales, affectant les écosystèmes, les ressources en eau, les territoires transfrontaliers et la santé des populations locales.
Les communautés vivant dans les zones minières — en particulier les peuples autochtones, les personnes d’ascendance africaine et les groupes vulnérables — subissent de manière disproportionnée les conséquences de ces activités. Les femmes et les filles sont également plus exposées, notamment aux substances toxiques et à la contamination de l’eau, avec des impacts spécifiques sur la santé maternelle et reproductive.

Une gestion des minerais au cœur de la transition énergétique
Le texte souligne que la transition énergétique mondiale repose largement sur des minerais et métaux stratégiques (lithium, cobalt, cuivre, nickel, etc.). Toutefois, la demande croissante ne doit pas se faire au détriment de la planète ni des populations riveraines. Les États sont donc appelés à adopter des approches fondées sur le cycle de vie complet, la diligence raisonnable et une transition juste vers une économie circulaire.
La résolution s’appuie également sur les travaux du Panel du Secrétaire général des Nations unies sur les minerais critiques pour la transition énergétique, qui a formulé sept principes directeurs pour garantir une exploitation juste, équitable et durable.
Vers un possible accord international sur les minerais et métaux
La Colombie propose la création d’un Groupe d’experts ad hoc, ouvert à tous les États membres, chargé d’examiner différentes options pour un futur instrument international. Celui-ci pourrait aller d’un cadre global non contraignant jusqu’à un accord juridiquement contraignant sur la gestion durable des minerais et des métaux (hors combustibles minéraux et ressources marines).
Ce groupe devra :
analyser les options d’instruments internationaux pour réduire les impacts environnementaux ;
évaluer les coûts et bénéfices des différents mécanismes ;
examiner leur faisabilité ;
identifier les besoins de financement, de transfert de technologies, de renforcement des capacités ;
proposer une feuille de route pour les prochaines étapes.
Au moins une réunion — et maximum deux — sera organisée avant la prochaine session de l’UNEA.
Renforcer la coopération mondiale
La résolution insiste sur la nécessité urgente de mieux coordonner les politiques internationales, de soutenir les pays en développement et d’encourager la transparence et la responsabilité dans toute la chaîne de valeur minière.
Elle appelle les gouvernements, les entreprises, les organisations internationales et la société civile à renforcer les stratégies nationales, promouvoir la production et la consommation durables, et intégrer les recommandations des Nations unies sur les minerais de transition énergétique.

Prochaines étapes
Le rapport du Directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sera présenté à la session suivante de l’UNEA, où les États décideront de l’avenir du processus, notamment de la possibilité d’élaborer un futur traité mondial sur les minerais et les métaux.
