Nairobi : La société civile africaine hausse le ton contre la géo-ingénierie à l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement

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Lors de la 7ᵉ Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement (UNEA-7), qui se tient à Nairobi, une voix forte s’est élevée pour défendre l’intégrité écologique du continent africain. Dans une interview exclusive accordée à NATURELCD, Josué Aruna, Country Director de la Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network), Président de la Société Civile Environnementale, Co-coordinateur africain du HOME Alliance Africa Working Group on Climate Justice, lauréat du DRC Peace Award et Ambassadeur de la Justice Écologique, a présenté avec fermeté les revendications de son réseau.

Membre du Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF) et de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), Josué Aruna explique que leur présence à UNEA-7 vise à « porter les préoccupations des peuples africains devant le monde entier » face aux risques croissants que représentent les technologies de géo-ingénierie.

Un appel urgent aux gouvernements africains

Devant les décideurs présents à Nairobi, le Homa Alliance Africa Working Group on Climate Justice a dévoilé une déclaration ferme, exhortant les États africains à protéger leurs populations et leurs écosystèmes contre les dérives potentielles de la géo-ingénierie solaire.

1. Respect du principe de précaution

L’organisation demande avec insistance l’interdiction totale des technologies de géo-ingénierie dans les pays africains, rappelant que leurs effets pourraient être irréversibles pour les systèmes climatiques et les communautés déjà vulnérables.

2. Soutien au leadership africain contre la géo-ingénierie solaire

Les militants appuient la position exprimée par les ministres africains lors des conférences ministérielles de l’environnement (AMCEN19 et AMCEN20), qui appellent à un mécanisme mondial de gouvernance pour la non-utilisation de la géo-ingénierie solaire.

3. Rejet de toute expérimentation

La déclaration rappelle que tout accord doit inclure : l’absence totale d’expériences en plein air, aucun financement public, aucune délivrance de brevet, aucun soutien institutionnel, aucun déploiement de technologies de géo-ingénierie.

Ces restrictions s’appuient sur le moratoire de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).

4. Opposition ferme aux expériences à petite ou grande échelle

Les organisations rappellent que même de petites expérimentations peuvent ouvrir la voie à la normalisation de ces technologies extrêmes, tandis que de grands essais pourraient provoquer des dommages environnementaux à grande distance.

5. Vigilance dans toutes les instances multilatérales

La société civile exige que le PNUE, la CCNUCC, le GIEC et l’UICN empêchent toute tentative de légitimation de la géo-ingénierie solaire, considérée comme une fausse solution pour l’Afrique.

6. Mobilisation générale de la société civile

Enfin, le réseau appelle l’ensemble des mouvements sociaux et organisations civiles à s’unir pour dénoncer la géo-ingénierie et à promouvoir de véritables transitions écologiques, inclusives et justes.

Cet engagement est un plaidoyer crucial pour la justice climatique.

En marge des négociations de UNEA-7, la déclaration portée par Josué Aruna et ses partenaires réaffirme la position de plus en plus affirmée de la société civile africaine : l’Afrique refuse de devenir un laboratoire pour des technologies risquées dont les impacts seraient supportés par les populations les plus vulnérables.

Avec ce message fort, la délégation africaine rappelle que la justice climatique ne peut être dissociée de la justice sociale, de la souveraineté écologique et de la protection des générations futures.

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