
Lors de la conférence internationale CASSANDRA, organisée à Barcelone en partenariat avec le centre de recherche Eurecat, Denise KAVIRA KYALWAHI point focal de Cassandra RDC et Directrice Général de NATURELCD a pris la parole en ligne pour représenter la République Démocratique du Congo (RDC) et alerter sur les défis environnementaux majeurs auxquels font face les communautés du Nord-Kivu, dans l’est du pays.
Au cœur de son intervention : l’accès à l’eau potable et la pollution plastique. « La RDC est riche en ressources hydriques, mais nos communautés continuent de boire une eau dangereuse », a-t-elle rappelé.

Dans de nombreuses zones, les femmes et les enfants sont exposés à des violences en allant chercher de l’eau, tandis que les maladies hydriques restent fréquentes.
Autour de Goma, certaines familles utilisent même l’eau de pluie, souvent contaminée par l’activité volcanique. A Butembo le relief isolé de cette denrée rare est à l’origine de violence basée sur le genre et des nombreuses maladies hydriques, par conséquent certains se procurent l’eau de puits non aménagé pour boire.
La pollution plastique constitue un autre défi de taille. Le lac Kivu, principale source d’eau potable pour la ville de Goma, est aujourd’hui affecté par des microplastiques. Des recherches montrent que ces particules sont ingérées par les poissons, posant un risque direct pour la santé des populations riveraines.
Malgré ces difficultés, les communautés locales font preuve d’une forte capacité de résistance. « Le leadership communautaire est essentiel », a souligné l’intervenant, mettant en avant le rôle des chefs locaux, des jeunes et des femmes dans la recherche de solutions durables. Des initiatives simples, comme la plantation de végétaux antiérosifs, permettent de lutter contre l’érosion et les glissements de terrain.

À Goma, des campagnes de recyclage menées avec le mouvement ALLEN+ , Climate Clock RDC en collaboration avec NATURELCD et d’autres organisations environnementales de la place ont permis de sensibiliser la population à la gestion des déchets plastiques. Les habitants ont participé à la collecte et à la transformation du plastique en pavés écologiques et objets artistiques, une première pour beaucoup d’entre eux.
De l’autre côté l’on observe des inondations fluvial et pluviales de Kinshasa qui provoque de pertes énormes de vies humaines. Lorsqu’il pleut à Kinshasa toute la ville est inondée, les déchets plastiques sont visibles à la surface de la terre tout comme sur l’eau, flottant manquant la bonne direction.
L’activiste recommande non seulement la gestion des déchets plastiques par les habitants mais aussi la réglementation de production des bouteilles et emballages plastiques en RDC par les décideurs du pays pour diminuer le risques des inondations.
Un travail collectif avec des universitaires qui change le savoir faire communautaire
En pleine formation NATURELCD combine le savoir indigène aux connaissances scientifiques (Citizen science), pour trouver des solutions locales aux problèmes environnementaux locaux.
Pour madame Denise Kyalwahi « Cette approche nous permet de rester proche de la communauté locale, de comprendre les solutions basées sur la nature leurs permettant de s’adapter au changement climatique, de persister malgré les défis environnementaux et surtout d’obtenir de l’eau peut importe la qualité à leur niveau. »
A Butembo, une recherche collaborative avec l’Université de l’Assomption au Congo montre que un tiers de la population a accès à l’eau potable et pourtant la ville et surplombée des eaux souterraines et de surface.
Les chercheurs recommandent une étude approfondie sur la qualité de l’eau consommée par la communauté locale pour éviter toutes éventuelles risques liés autour de cette matière très précieuse. Ils ajoutent également la nécessité d’un appuis technique lié à la gestion des eaux souterraines causant l’effondrement des terres dans le Sud-Ouest de la ville.

Des recherches menées avec l’Université de Kinshasa sur les inondations ont également contribué à améliorer les systèmes de drainage urbain.
Après un an d’actions communautaires, les résultats sont visibles : augmentation de la plantation d’arbres, contribution à l’assainissement de nos villes, intégration de l’éducation environnementale dans certaines écoles, engagement accru des journalistes sur les questions climatiques de la région au-travers différentes production journalistiques.
Cependant, l’insécurité, la pauvreté et le manque de moyens freinent encore ces efforts. L’intervenant a appelé les décideurs internationaux à soutenir davantage les initiatives locales et à éviter l’imposition de solutions uniformes.
« Les communautés savent ce dont elles ont besoin. Elles demandent surtout à être écoutées et soutenues », a-t-ille conclu, rappelant que la résilience humaine reste la principale source d’espoir face à la crise climatique.
La rédaction
