
Un sommet mondial sous le signe de la coopération environnementale
Du 25 au 28 avril 2026, 57 pays ont pris part à la Conférence internationale à Santa Maria, Colombie sur la gouvernance des ressources naturelles et le climat, selon les chiffres officiels publiés par le gouvernement colombien. Hébergée dans cette ville andine, l’événement a rassemblé plus de 2 000 délégués, ministres, experts en hydrodiplomatie, représentants d’ONG et scientifiques pour débattre de thèmes cruciaux : gestion durable de l’eau, préservation des forêts tropicales, impacts du changement climatique et financement des projets de conservation.
La Colombie, en tant qu’hôte, a mis l’accent sur les leçons tirées de ses propres défis, comme la déforestation amazonienne et les conflits hydroliques avec ses voisins. Des accords bilatéraux ont été signés, notamment sur les crédits carbone et les corridors biologiques transfrontaliers, tandis que des fonds verts ont été promis pour soutenir les pays en développement.
La RDC, géant écologique, brille par son absence
Dans ce tableau impressionnant, la République démocratique du Congo (RDC) fait défaut. Cinquième plus grand pays d’Afrique, la RDC abrite 60% du bassin du Congo, le second poumon vert de la planète après l’Amazonie et des ressources hydriques immenses, comme le fleuve Congo qui alimente des millions de vies en Afrique centrale. Pourtant, aucune délégation officielle n’a foulé le sol de Santa Maria, marquant une absence symbolique et stratégique.
Cette non-participation n’est pas anodine. La RDC est en première ligne des crises environnementales : déforestation accélérée par l’exploitation illégale du bois et l’industrie minière (cuivre, cobalt, le coltan), pollution des rivières par les rejets toxiques des sites d’extraction, et menaces sur la biodiversité, dont les bonobos emblématiques du parc de Salonga et autres grands singes de Virunga, l’Okapi de Maiko… Des ONG comme WWF et Rainforest Foundation soulignent que le pays perd annuellement 500 000 hectares de forêt, aggravant les impacts climatiques globaux.
Les 57 pays ayant participé à cette conférence, selon le gouvernement colombien sont notamment : l’Angola, Antigua-et-Barbuda, l’Australie, l’Autriche, le Bangladesh, la Belgique, le Brésil, le Cameroun, le Canada, le Chili, la Colombie, le Danemark, la République dominicaine, l’Union européenne, les États fédérés de Micronésie, la Finlande, la France, l’Allemagne, le Ghana, le Guatemala, l’Islande, l’Irlande, l’Italie, la Jamaïque, le Kenya, le Luxembourg, le Malawi, les Maldives, les Îles Marshall, le Mexique, la Mongolie, les Pays-Bas, le Népal, le Nigeria, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Palaos, le Panama, les Philippines, le Portugal, Sainte-Lucie, le Sénégal, Singapour, la Slovénie, les Îles Salomon, l’Espagne, la Suède, la Suisse, la Tanzanie, la Turquie, Tuvalu, l’Ouganda, le Royaume-Uni, l’Uruguay, le Vanuatu, le Vatican et le Vietnam.

Pourquoi cette absence ? Plusieurs facteurs se conjuguent. D’abord, des contraintes budgétaires : le financement des ONG et des voyages officiels reste précaire en RDC, où les priorités budgétaires penchent vers la sécurité dans l’Est du pays (Nord-Kivu, Ituri). Ensuite, des tensions diplomatiques : les relations tendues avec certains partenaires occidentaux sur la gouvernance minière pourraient avoir influencé la décision. Enfin, une focalisation sur des forums régionaux comme la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) ou l’Union africaine, jugés plus immédiats.
Les implications sont lourdes. Sans voix congolaise, les discussions sur l’hydrodiplomatie, vitales pour gérer le fleuve Congo partagé avec neuf pays, ont manqué d’un acteur pivotal. Des engagements sur les crédits carbone, qui pourraient générer des milliards pour la conservation en RDC (comme le projet Karuma avec des revenus estimés à 100 millions USD/an), risquent d’exclure Kinshasa. De plus, l’absence renforce le narratif d’un continent africain sous-représenté, alors que l’Afrique contribue le moins aux émissions mondiales mais subit le plus ses effets.
Perspectives et appels à l’action
Des experts, dont ceux de l’ONU Environnement, appellent la RDC à rattraper le temps perdu lors de prochains sommets comme la COP31. Des initiatives locales, portées par des ONG congolaises et internationales, pourraient pallier ce vide : renforcement des partenariats avec le Canada (où vous envisagez des études supérieures, comme à St. Francis Xavier University) pour des formations en politique environnementale, ou mobilisation de fonds via la Banque africaine de développement.
En somme, l’absence de la RDC à Santa Maria est un rappel urgent : pour transformer ses atouts naturels en leviers de développement durable, le pays doit investir dans une diplomatie environnementale proactive. Une participation accrue renforcerait non seulement sa souveraineté hydrique et forestière, mais aussi sa place dans la justice climatique mondiale.
*Sources : Gouvernement colombien, ONU Environnement, rapports WWF 2025-2026 sur le bassin du Congo.*
Résultats finaux
Lors de la séance plénière de clôture de la conférence, le 29 avril, les pays co-organisateurs, la Colombie et les Pays-Bas, ont présenté une série de « résultats clés » du sommet.
Le premier résultat a été la confirmation de l’information selon laquelle Tuvalu et l’Irlande co-organiseront une deuxième conférence sur la transition énergétique, en abandonnant les combustibles fossiles, dans cet État insulaire du Pacifique en 2027.
Les co-organisateurs ont également annoncé la mise en place de trois « groupes de travail » sur des questions à soumettre au deuxième sommet.
Le premier de ces axes de travail sera consacré à l’élaboration de feuilles de route nationales et régionales pour s’éloigner des énergies fossiles.
S’exprimant en séance plénière, Vélez Torres a déclaré que les feuilles de route devraient être « liées » aux plans climatiques des pays adoptés par les Nations Unies, appelés contributions déterminées au niveau national (CDN). Elle a ajouté qu’il serait important que ces feuilles de route soient « très claires et transparentes » concernant les « émissions exportées par les pays producteurs ».
L’élaboration de ces feuilles de route sera soutenue par le nouveau groupe d’experts scientifiques sur la transition énergétique mondiale et par le Partenariat NDC , une initiative mondiale aidant les pays à préparer leurs CDN, a-t-elle ajouté.

(Lors de la conférence de presse finale, il a été précisé que les pays ne sont pas obligés d’élaborer une nouvelle feuille de route sur les combustibles fossiles et que la participation à tous les groupes de travail est volontaire.)
Le deuxième axe de travail sera axé sur la transformation du système financier afin de mieux faciliter la transition hors des énergies fossiles.
Ce travail comprendra notamment l’identification des subventions aux énergies fossiles et la recherche de solutions aux « pièges de la dette ». Il bénéficiera du soutien du groupe de réflexion Institut international du développement durable , ont indiqué les co-organisateurs.
Par ailleurs, le ministre néerlandais du Climat, M. van Veldhoven, a indiqué que tous les pays seraient invités par courriel à entamer un processus d’identification et de déclaration de leurs subventions aux énergies fossiles. (Les Pays-Bas sont coprésidents de COFFIS , un groupe de 17 nations qui se sont engagées à supprimer les subventions aux énergies fossiles.)
Le dernier volet de ce travail portera sur le commerce fortement dépendant des énergies fossiles, avec pour objectif de « faire progresser la mise en place d’un système commercial exempt d’énergies fossiles », a déclaré Vélez Torres. Ce volet bénéficiera du soutien de l’ Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe les pays les plus riches.
Un document résumant les principaux enseignements du sommet pour le coprésident indique que parmi les autres résultats clés figure la mise en place d’un « groupe de coordination [pour] assurer la continuité des travaux en vue de la deuxième conférence et des suivantes », ajoutant :
« Elle sera composée de pays à la tête de différentes alliances et initiatives qui mettent en œuvre des éléments de la transition énergétique, ainsi que des co-organisateurs des première et deuxième conférences, à savoir la Colombie, les Pays-Bas, Tuvalu et l’Irlande. »
Le document ajoute qu’une tâche essentielle consistera à transmettre les conclusions de cette conférence à la présidence de la COP30, qui prépare actuellement une feuille de route mondiale sur les combustibles fossiles à présenter lors de la COP31 en novembre.
