
Patrick Mapenzi
Face à la progression de la 17ᵉ épidémie d’Ebola (souche Bundibugyo) qui frappe l’Est de la République Démocratique du Congo, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a entamé une visite de haut niveau à Kinshasa. Son objectif : colmater les brèches de la riposte et remobiliser la communauté internationale.
À peine descendu d’avion à Kinshasa, où il a été accueilli par le Secrétaire général à la Santé, le Dr Body Ilonga Bopomko, le patron de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est immédiatement plongé au cœur d’une mission diplomatique et sanitaire de la plus haute importance.
Alors que l’épidémie actuelle, causée par la redoutable souche Bundibugyo pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué, continue d’endeuiller le pays, cette visite se veut un signal fort envoyé aux équipes de première ligne et aux populations touchées.
Dès son arrivée, le Dr Tedros a tenu à exprimer la solidarité indéfectible de l’agence onusienne envers les communautés meurtries de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Loin des discours désabusés, le chef de l’OMS a capitalisé sur l’historique de résilience du géant congolais face au virus :
« Nous sommes ensemble dans ce moment et nous surmonterons cette crise sanitaire. À 16 reprises, la RDC a vaincu Ebola. La 17ᵉ ne sera pas différente. Nous devons agir dès maintenant main dans la main. Je suis ici pour renforcer la riposte menée par le gouvernement. », a-t-il déclaré
Le programme du Directeur général s’annonce marathonien. Sa feuille de route prévoit des entretiens stratégiques avec les plus hautes autorités de l’État, mais surtout des descentes sur le terrain pour aller à la rencontre des communautés et des soignants qui se battent au quotidien dans des conditions souvent extrêmes.
Le cœur de la bataille ne se joue pas seulement dans les centres de traitement, mais aussi dans les chancelleries. À Kinshasa, le Dr Tedros a immédiatement convoqué une réunion cruciale avec les représentations diplomatiques et les principaux partenaires du secteur de la santé basés en RDC.
L’enjeu est de taille : coordonner les efforts pour identifier et combler d’urgence les « gaps » (manques) logistiques et financiers afin de sauver des vies, tout en évitant les doublons inefficaces. Tout en saluant l’engagement actuel des partenaires internationaux, le Dr Tedros a insisté sur la nécessité de décentraliser la gestion de la crise.
– Renforcer le leadership local : La réponse doit être pilotée au plus près des réalités communautaires.
– Assurer la continuité des services : Éviter l’effondrement des autres soins essentiels (maternités, vaccinations de routine) pendant que l’attention est focalisée sur Ebola.
« La RDC dispose d’une expérience précieuse dans la réponse à Ebola et c’est ensemble que nous viendrons à bout de cette épidémie », a rappelé le patron de l’OMS.
Reste désormais à transformer cet élan de solidarité diplomatique en actions concrètes et sécurisées sur le terrain de la riposte.
