Ebola : les chauves-souris accusées sans preuves scientifiques (Dr Paul Webala)

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Par Emmanuel Kasereka bin Vikingi

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée d’Ebola, les chauves-souris sont une fois encore montrées du doigt comme espèce réservoir. Pourtant, selon le Dr Paul Webala, écologiste et professeur associé de Biologie de la faune à l’université Maasai Mara au Kenya, aucune preuve scientifique concluante ne permet d’affirmer que ces animaux sont responsables de la propagation du virus.

La rédaction de naturelcd. net s’est penchée sur une publication relayée par le chercheur kényan Paul Webala, spécialiste reconnu de la faune sauvage. 

Dans un entretien accordé à Mongabay, il met en garde contre la désinformation qui entoure les chauves-souris et leur supposé rôle dans la transmission d’Ebola.« Avant de diffuser une information ou de prendre une mesure, il faut consulter des experts », insiste Webala.

 Selon lui, les informations négatives circulent plus vite que les faits, et la désinformation voyage souvent plus rapidement que la vérité scientifique.Depuis les grandes épidémies en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, des milliers de chauves-souris ont été échantillonnées et analysées. 

Malgré ces efforts, aucune étude n’a pu démontrer de manière concluante que ces animaux constituent le réservoir naturel du virus Ebola.

Les chercheurs ont certes détecté des anticorps chez certaines espèces de chauves-souris. Mais comme le rappelle Webala, la présence d’anticorps signifie simplement que l’animal a été exposé à un agent pathogène, et non qu’il en est la source.

En réalité, la science n’a pas encore identifié avec certitude l’espèce animale qui constitue le réservoir naturel d’Ebola. Les affirmations catégoriques pointant les chauves-souris relèvent donc davantage de la spéculation que de faits établis.

Pour Webala, le danger réside dans les mesures hâtives prises par les populations ou les autorités. Accuser les chauves-souris sans preuves peut conduire à des actions nuisibles, comme la destruction de leurs habitats, ce qui pourrait paradoxalement accroître les risques sanitaires.

Les chauves-souris jouent en effet un rôle écologique essentiel. Elles participent à la pollinisation, à la dispersion des graines et au contrôle des insectes.

 Leur disparition aurait des conséquences graves sur les écosystèmes et, indirectement, sur la santé humaine.Le chercheur kényan appelle donc à une approche scientifique rigoureuse et à une communication responsable. 

Les populations devraient rechercher des conseils fiables avant de prendre des mesures susceptibles de nuire aux espèces sauvages.

Enfin , la flambée actuelle d’Ebola en RDC rappelle l’importance de la prudence et de la rigueur scientifique. Comme le souligne Webala, la lutte contre les pandémies passe autant par la recherche que par la protection des écosystèmes, afin d’éviter que la peur ne devienne un facteur aggravant.

 

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