
Par Emmanuel Kasereka
Les récentes flambées d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda remettent en lumière les interactions entre l’homme et la faune sauvage. En s’appuyant sur une publication relayée par Africa Science, Naturelcd.net revient sur une étude menée dans le district ougandais de Bundibugyo, où les chauves-souris occupent une place particulière dans les habitudes alimentaires et les croyances populaires.
Les récentes épidémies d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda ont ravivé les inquiétudes autour des maladies zoonotiques. Cette situation conduit à s’intéresser davantage à Bundibugyo, district situé sur le flanc occidental des monts Rwenzori, connu pour ses paysages remarquables et pour avoir donné son nom à la souche Bundibugyo du virus Ebola, identifiée pour la première fois en 2007.
Dans une publication consultée par le média Africa Science et exploitée par Naturelcd.net, une étude scientifique parue vers la fin de l’année 2025 dans la revue PLOS ONE apporte un éclairage sur les relations entre les populations locales et les chauves-souris. Les travaux ont été dirigés par le chercheur ougandais James Baguma Natweta.
Les chercheurs se sont intéressés aux interactions entre les humains et les chauves-souris ainsi qu’aux facteurs qui expliquent leur consommation dans cette partie de l’Ouganda. Les résultats montrent que plus de la moitié des personnes interrogées sont fréquemment exposées à ces mammifères dans leurs maisons, leurs jardins, les écoles et même certains centres de santé.

D’après les informations rapportées par Africa Science, l’une des principales motivations de la consommation de la viande de chauve-souris est liée à des croyances sur la virilité masculine. Plusieurs habitants estiment que cette viande améliorerait les performances sexuelles et renforcerait la vigueur physique des hommes.
D’autres croyances attribuent également aux chauves-souris des propriétés favorisant la longévité. Certains membres des communautés interrogées affirment que les personnes qui consomment cette viande vivraient plus longtemps que celles qui n’en mangent pas.
Les chauves-souris sont également associées à des croyances sociales et spirituelles. Selon les données relayées par Africa Science et reprises par Naturelcd.net, certaines familles considèrent la présence de colonies de chauves-souris dans les plafonds de leurs habitations comme un signe de prospérité et une garantie contre la pauvreté.
D’autres pratiques leur confèrent un rôle dans la stabilité des relations conjugales. Des femmes préparent parfois de la viande de chauve-souris dans l’espoir de renforcer les liens affectifs avec leurs partenaires, une pratique assimilée dans certaines communautés à une forme de « philtre d’amour ».
Cependant, toutes les perceptions ne sont pas favorables. Les femmes enceintes sont souvent déconseillées d’en consommer en raison des craintes concernant la santé du fœtus. En parallèle, les effets du changement climatique, les pertes de récoltes et les difficultés d’accès à une alimentation équilibrée poussent certaines populations à rechercher d’autres sources de protéines, les chauves-souris étant abondantes dans la région.
Comme le souligne l’étude scientifique citée par Africa Science, il existe plusieurs centaines d’espèces de chauves-souris et seule une minorité d’entre elles est reconnue comme réservoir naturel du virus Ebola. À travers cette synthèse, Naturelcd.net entend contribuer à une meilleure compréhension des liens complexes entre les croyances culturelles, la sécurité alimentaire et les enjeux de santé publique en Afrique.
