WMG/UNEP : « Nous demandons un accord international de non-utilisation de la géo-ingénierie solaire »

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Par Denise Kyalwahi

Lors d’un webinaire international consacré à la géo-ingénierie solaire, les femmes activistes pour l’environnement réunis au sein du Women’s Major Group (WMG) du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) ont exprimé leur opposition à l’utilisation de cette technologie, qu’elles considèrent comme une menace pour l’équilibre climatique mondial.

Au cours de cette rencontre virtuelle, les participantes ont plaidé pour l’adoption d’un accord international interdisant le recours à la géo-ingénierie solaire et ont lancé une pétition ouverte aux peuples du monde afin de stopper la normalisation de cette pratique.

Les échanges ont également permis d’élaborer une feuille de route en prélude à la COP31, avec l’objectif de renforcer le plaidoyer international contre les technologies de modification artificielle du climat.

Une technologie jugée risquée et spéculative

Ces dernières années, les appels à la recherche sur la géo-ingénierie solaire — également appelée gestion du rayonnement solaire — se multiplient. Cette technologie regroupe un ensemble de méthodes spéculatives visant à réduire le rayonnement solaire atteignant la Terre afin de limiter le réchauffement climatique.

Cependant, pour les membres du WMG/UNEP, ces initiatives représentent une fuite en avant technologique dangereuse. Elles estiment que le déploiement de telles technologies à l’échelle planétaire ne peut être encadré de manière juste, inclusive et efficace par les institutions internationales actuelles.

« Le déploiement de la géo-ingénierie solaire à l’échelle mondiale présente des risques inacceptables pour l’environnement, l’agriculture, les ressources en eau et les équilibres géopolitiques », ont souligné plusieurs intervenantes.

Une lettre ouverte pour stopper la normalisation

Les participantes ont rappelé qu’en février 2021, l’ONG Solar Geoengineering Non-Use Agreement avait adressé une lettre ouverte aux dirigeants mondiaux pour réclamer un accord international de non-utilisation de la géo-ingénierie solaire.

Dans cette déclaration, les signataires appellent les gouvernements, les Nations Unies et les acteurs internationaux à empêcher la normalisation de cette technologie dans les politiques climatiques mondiales.

Selon cette initiative, trois principales préoccupations justifient cette demande :

  • Les risques environnementaux et climatiques restent encore largement inconnus et pourraient varier d’une région à l’autre ;
  • La géo-ingénierie solaire pourrait ralentir les efforts de décarbonation en donnant aux gouvernements et aux industries polluantes un prétexte pour retarder les actions climatiques ambitieuses ;
  • Le système international actuel ne dispose ni des mécanismes démocratiques ni des institutions capables de réguler équitablement ces technologies à l’échelle mondiale.

Les auteurs de la lettre estiment également qu’un déploiement unilatéral par les pays les plus puissants pourrait accentuer les injustices climatiques et provoquer des tensions géopolitiques majeures.

Cinq mesures proposées

L’accord international proposé repose sur cinq engagements fondamentaux :

  1. Interdire le financement public du développement des technologies de géo-ingénierie solaire ;
  2. Bannir les essais en extérieur de ces technologies ;
  3. Refuser les brevets liés à la géo-ingénierie solaire ;
  4. Ne pas déployer ces technologies, même développées par des tiers ;
  5. S’opposer à leur intégration comme outil officiel des politiques climatiques internationales.

Les défenseurs de cet accord précisent toutefois qu’il ne viserait pas à interdire la recherche scientifique sur le climat ou l’atmosphère, mais uniquement à empêcher le développement et le déploiement de technologies considérées comme dangereuses et insuffisamment maîtrisées.

Un appel à des solutions climatiques durables

Pour les participantes au webinaire, la lutte contre les changements climatiques doit prioritairement passer par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la transition énergétique et la décarbonation des économies, plutôt que par des solutions technologiques risquées.

« La géo-ingénierie solaire n’est ni souhaitable, ni éthique, ni politiquement maîtrisable dans le contexte actuel », ont-elles conclu.

Face à la normalisation croissante de ces recherches, les femmes activistes pour l’environnement réunis au sein du Women’s Major Group (WMG) du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) appellent désormais à un message politique fort des gouvernements et des Nations Unies afin d’empêcher le développement de ces technologies à l’échelle mondiale.

Signez la pétition ici.

https://www.solargeoeng.org/ : WMG/UNEP : « Nous demandons un accord international de non-utilisation de la géo-ingénierie solaire »

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