Sud-Kivu : L’AFC-M23 annonce la fin de la première vague d’Ebola dans ses zones de contrôle

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Par Patrick Mapenzi

La première vague de l’épidémie à virus Ebola est désormais contenue dans les zones administrées par l’AFC-M23 au Sud-Kivu. L’annonce officielle a été faite ce lundi 29 juin 2026 à Bukavu par le Dr Freddy Kaniki, superviseur de la Task Force multisectorielle de la santé pour ce mouvement.

C’est devant un parterre de partenaires nationaux et internationaux du secteur de la santé, ainsi que des autorités sanitaires provinciales, que le bilan de la riposte a été présenté. Le constat est sans appel : la chaîne de transmission locale est brisée.

Selon les précisions fournies par le Dr Freddy Kaniki, la stratégie de suivi a porté ses fruits. Au total, plus de 400 personnes-contacts ont fait l’objet d’un suivi quotidien rigoureux.

« Pendant cette période de surveillance intensive, aucun nouveau cas d’Ebola n’a été détecté », a affirmé le Dr Kaniki.

À ce jour, le taux d’achèvement de la période d’observation obligatoire de 21 jours a dépassé les 98 %. Conséquence directe de cet effort : aucun patient confirmé n’est actuellement en traitement et plus aucun contact n’est sous surveillance active dans la juridiction de l’AFC/M23. Pour les autorités locales, ce résultat marque officiellement l’endiguement réussi de cette première vague dans ce qu’elles qualifient de « zones libérées ».

Au-delà de la victoire sanitaire, cette déclaration officielle pourrait rapidement avoir des répercussions géopolitiques et économiques majeures pour la région. Le Dr Freddy Kaniki a explicitement souligné que ce succès médical « ouvre désormais la voie à la réouverture des frontières entre la RDC et le Rwanda », des restrictions de mouvement ayant été mises en place pour limiter la propagation du virus.

Cette réussite a été rendue possible grâce à une forte mobilisation communautaire. Les autorités ont chaleureusement salué le travail des agents de santé, des équipes de surveillance, des laborantins et des volontaires, sans oublier l’appui des partenaires humanitaires. La stratégie reposait principalement sur une approche de proximité : des campagnes de sensibilisation porte-à-porte, des programmes d’éducation sanitaire intensifs et l’implication directe des chefs locaux pour encourager le signalement précoce des cas suspects.

Malgré l’optimisme ambiant, l’heure n’est pas au relâchement. Les autorités ont rappelé que le virus de la fièvre hémorragique circule encore activement dans d’autres zones de l’est de la République Démocratique du Congo. Le risque de réimportation du virus via les mouvements de population reste une menace permanente.

Le système de surveillance reste donc « pleinement opérationnel ». Le maintien des contrôles sanitaires aux frontières, la sensibilisation continue des populations et l’alerte des équipes d’intervention rapide restent la norme. 

« Nous nous engageons à détecter et maîtriser rapidement tout cas importé », a rassuré la direction de la Task Force.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs figures politiques et administratives clés, notamment les vice-gouverneurs Dunia Masumbuko Bwenge Doux et Gaddy Mukiza Nzabinesha, ainsi que le maire de Bukavu, Dr Nicolas Kyalangalilwa. 

Le mouvement a réaffirmé sa volonté de protéger les populations civiles par des mesures de santé publique transparentes, basées sur des preuves scientifiques et sur la coopération internationale.

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