Ituri : à Biakato, la pénurie d’eau potable menace la riposte contre Ebola, la société civile exige une réponse urgente

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Par Juvenal Bulemo

Alors que la province de l’Ituri est confrontée à une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola, la pénurie d’eau potable qui sévit à Biakato, chef-lieu de la chefferie des Babila-Babombi, dans le territoire de Mambasa, suscite une vive inquiétude. Les acteurs de la société civile appellent les autorités et les partenaires humanitaires à agir sans délai pour éviter une aggravation de la crise sanitaire.

John Tsongo, activiste des droits humains, dénonce une situation devenue critique dans cette agglomération située à près de 75 kilomètres au sud de Mambasa. Selon lui, l’arrivée massive de personnes déplacées fuyant les attaques des groupes armés dans les villages environnants a fortement augmenté les besoins en eau, alors que les infrastructures existantes demeurent largement insuffisantes.

« L’eau est devenue une denrée rare. Les habitants passent des heures aux points d’eau, ce qui provoque des disputes, des bagarres et de longues attentes », explique-t-il.

Au-delà des tensions sociales, cette pénurie représente un risque majeur pour la lutte contre Ebola. Sans un accès suffisant à l’eau potable, les populations peinent à respecter les mesures d’hygiène essentielles, notamment le lavage régulier des mains, pourtant indispensable pour limiter la transmission du virus.

L’activiste attire également l’attention sur les conséquences sécuritaires de cette crise. Les femmes et les jeunes filles, contraintes de parcourir de longues distances ou de rentrer tardivement après la corvée d’eau, seraient davantage exposées aux violences sexuelles et basées sur le genre.

Face à cette urgence, la société civile demande aux autorités provinciales, au gouvernement central ainsi qu’aux partenaires engagés dans la riposte contre Ebola de renforcer rapidement l’approvisionnement en eau potable à Biakato. Elle plaide notamment pour la réhabilitation des sources existantes, la création de nouveaux points d’eau et l’installation de dispositifs d’approvisionnement d’urgence afin de répondre aux besoins croissants de la population.

« La lutte contre Ebola ne peut être efficace sans un accès garanti à l’eau potable. Sauver des vies passe aussi par des investissements urgents dans les services d’eau, d’hygiène et d’assainissement », insiste John Tsongo.

Pour les organisations de la société civile, assurer l’accès à l’eau à Biakato n’est plus seulement une question de développement, mais une nécessité humanitaire et sanitaire qui exige une mobilisation immédiate de tous les acteurs concernés.

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