Nord-Kivu : l’ACEDH défend les prérogatives de l’ICCN sur le lac Édouard et demande à la ministre de l’Environnement de revoir sa position

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Beni, 28 juillet 2026 – L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) demande à la ministre d’État en charge de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat de reconsidérer une correspondance officielle portant sur la gestion des activités de pêche dans le lac Édouard, situé à l’intérieur du Parc national des Virunga.

Dans une lettre adressée à la ministre et rendue publique le 28 juillet, l’organisation estime que les préoccupations exprimées par le ministère au sujet des mesures de régulation appliquées par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) reposent sur une interprétation incomplète des textes juridiques encadrant la conservation des aires protégées.

Selon l’ACEDH, le lac Édouard fait partie intégrante du Parc national des Virunga et relève, à ce titre, de la compétence de l’ICCN. L’organisation soutient que les mesures telles que l’immatriculation des pirogues ou le contrôle des activités de pêche ne constituent pas une taxation illégale, mais des instruments de police environnementale destinés à préserver les ressources halieutiques, lutter contre le braconnage et renforcer la sécurité dans cette aire protégée.

L’organisation rappelle que la Constitution congolaise ainsi que la législation relative à la conservation de la nature confèrent à l’ICCN un mandat de gestion exclusif des aires protégées. Elle invoque également le principe juridique selon lequel une loi spéciale, en l’occurrence celle sur la conservation de la nature, prime sur les dispositions générales régissant le secteur de la pêche lorsqu’il s’agit d’un parc national.

L’ACEDH affirme par ailleurs qu’un jugement rendu en 2021 par le Tribunal de grande instance de Goma aurait confirmé le statut particulier du lac Édouard en tant que composante du Parc national des Virunga, remettant en cause la validité des permis de pêche délivrés en dehors du cadre de gestion de l’ICCN.

Au-delà du cadre juridique national, l’organisation met en avant les engagements internationaux de la République démocratique du Congo. Elle rappelle que le Parc national des Virunga est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et avertit que toute fragmentation de sa gouvernance pourrait fragiliser son statut et compromettre les efforts de conservation ainsi que les financements mobilisés en faveur du parc et des communautés riveraines.

L’ACEDH estime également que la récente correspondance ministérielle aurait déjà créé une confusion sur le terrain, certains pêcheurs clandestins l’interprétant comme un assouplissement des règles en vigueur. Elle appelle ainsi les autorités à clarifier rapidement la situation afin d’éviter une recrudescence de la pêche illégale et une dégradation des écosystèmes du lac Édouard.

En conclusion, l’organisation sollicite une révision de la position du ministère après une analyse approfondie des textes légaux et une concertation avec les parties concernées. Elle affirme considérer sa démarche comme un recours gracieux avant tout éventuel contentieux administratif, tout en plaidant pour une coopération renforcée entre le ministère de l’Environnement et l’ICCN afin d’assurer une gestion durable du Parc national des Virunga et des ressources naturelles qu’il abrite.

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