
La saison des pluies constitue une période favorable au développement de la culture maraîchère à Butembo, au Nord-Kivu. Une spécialiste en développement rural encourage les habitants à profiter de cette période pour produire eux-mêmes des légumes, même sur de petites superficies.
Enseignante à l’Université de l’Assomption au Congo (UAC), Lydie Kawalina s’est exprimée sur cette question lors d’un entretien accordé à radiomoto.net ce mardi 18 août 2026.
Son appel intervient dans un contexte marqué par une hausse du prix des légumes sur les marchés de Butembo. Cette situation complique l’accès des familles à une alimentation diversifiée et équilibrée. Selon elle, certains ménages sont contraints de se tourner vers des produits moins coûteux, notamment le poisson importé communément appelé « Thomson ».
« Sur les marchés de Butembo, un tas de feuilles de manioc, communément appelé sombé, peut coûter entre 5 000 et 8 000 francs congolais. Les feuilles de courge, les amarantes et d’autres légumes sont également devenus chers », explique-t-elle.
Face aux difficultés économiques que rencontrent de nombreux ménages, la spécialiste estime que la production familiale peut constituer une alternative. Elle encourage ainsi les habitants à mettre à profit les espaces disponibles autour de leurs habitations.
Selon Lydie Kawalina, les amarantes figurent parmi les légumes faciles à produire et dont la récolte peut intervenir après seulement trois à quatre semaines. Cette culture peut être pratiquée aussi bien dans un jardin que sur de petites parcelles.
« Même lorsqu’on ne dispose pas d’un grand espace, il est possible de produire des légumes à la maison. On peut recourir à la culture hors-sol, notamment dans des sacs ou avec des contenants disponibles », conseille-t-elle.
Pour cette spécialiste, le développement de la culture maraîchère à l’échelle familiale pourrait contribuer à améliorer la qualité des repas et à réduire la dépendance des ménages vis-à-vis des légumes vendus sur les marchés.
La rareté actuelle des légumes à Butembo s’explique notamment par l’insécurité qui affecte les zones rurales environnantes. Les violences et les massacres ont perturbé les activités agricoles et contraint certains producteurs à abandonner leurs champs. Le manque de terres cultivables constitue également un autre obstacle à l’augmentation de la production.
Dans ce contexte, la saison des pluies apparaît comme une occasion pour les habitants disposant de petits espaces de relancer ou d’intensifier la production de légumes, afin de renforcer leur sécurité alimentaire.
