RDC : les écologistes appellent à un « Dialogue vert » sur l’avenir des aires protégées

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L’association Les Écologistes RDC, basée à Goma, appelle le gouvernement congolais à organiser un « Dialogue vert » réunissant les autorités publiques, les gestionnaires des aires protégées, les communautés riveraines, les experts et les organisations de la société civile afin de revoir les politiques de conservation face aux changements climatiques, à la croissance démographique et à la pauvreté.

Dans une lettre ouverte adressée le 18 août à la Première ministre et cheffe du gouvernement, l’organisation estime que les politiques de conservation doivent désormais mieux intégrer les réalités sociales, économiques, culturelles et environnementales auxquelles sont confrontées les populations vivant autour des aires protégées.

Selon Les Écologistes RDC, ce dialogue permettrait notamment d’établir un diagnostic de la conservation des forêts congolaises, d’identifier les insuffisances et les acquis des politiques actuelles et de rechercher de nouveaux partenariats entre gestionnaires des parcs, communautés locales et acteurs de la société civile.

L’organisation considère que cette concertation est nécessaire pour réduire les tensions récurrentes autour des aires protégées et prévenir leur occupation ou leur exploitation illégale.

Le Parc des Virunga au cœur des préoccupations

Le Parc national des Virunga, dans l’est de la RDC, est présenté comme l’un des exemples les plus préoccupants. Créé en 1925, il fait aujourd’hui face, selon l’association, à une forte croissance démographique dans les zones environnantes.

Les Écologistes RDC affirment que la densité de population autour du parc est passée, en un siècle, de quelques habitants au kilomètre carré à plusieurs centaines dans certaines zones. Cette évolution aurait accru la pression sur les infrastructures, l’accès à l’eau, l’alimentation, l’énergie, le logement, la santé et l’éducation.

Pour l’association, cette pression sociale et économique contribue également aux tensions entre les populations riveraines et les gestionnaires des aires protégées, notamment autour des activités agricoles, minières, forestières ou du braconnage.

« Des solutions durables et adaptées à ce contexte devraient courageusement être trouvées », plaide l’organisation dans sa lettre.

Les Écologistes RDC demandent également une réflexion sur la pertinence écologique de certaines portions des aires protégées, estimant que les conditions environnementales ont évolué depuis leur création.

L’association soutient que certaines zones autrefois intégrées aux espaces protégés auraient perdu une partie de leur valeur écologique, tandis que d’autres territoires situés à l’extérieur des parcs pourraient présenter un intérêt en matière de conservation grâce aux pratiques développées par les communautés.

Elle appelle ainsi les autorités à examiner ces réalités dans le respect des limites légales des aires protégées et dans l’objectif de renforcer, plutôt que d’affaiblir, les efforts de conservation.

La lutte contre la pauvreté au cœur de la conservation

Pour Les Écologistes RDC, la conservation ne peut être dissociée de la lutte contre la pauvreté. L’organisation estime que les communautés locales et les peuples autochtones pygmées doivent être considérés comme des acteurs essentiels de la protection des forêts.

Elle rappelle que leurs connaissances traditionnelles et leurs pratiques contribuent depuis longtemps à la préservation de certains écosystèmes.

Mais lorsque les populations ne disposent pas d’alternatives économiques suffisantes, la pression sur les ressources naturelles augmente, relève l’association. La pauvreté pourrait ainsi devenir un facteur important de dégradation des forêts et d’occupation des espaces protégés.

Les Écologistes RDC demandent donc que les efforts consentis par les communautés en faveur de la conservation soient accompagnés par des mécanismes de développement local et d’amélioration des conditions de vie.

Prévenir plutôt que gérer les conflits

L’organisation invite enfin le gouvernement à agir en amont afin de prévenir les conflits entre populations et gestionnaires des aires protégées.

Elle estime qu’une telle démarche est d’autant plus importante que la RDC abrite une part majeure des forêts du bassin du Congo et joue un rôle central dans les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique.

Le « Dialogue vert » proposé à la Première ministre devrait, selon l’association, déboucher sur une conservation davantage fondée sur la concertation, le dialogue permanent et la recherche d’un équilibre entre les impératifs écologiques et les besoins des populations.

À travers cette initiative, Les Écologistes RDC souhaitent ainsi ouvrir un débat national sur l’avenir de la conservation en RDC, particulièrement dans les régions où la pression démographique, la pauvreté, les changements climatiques et l’insécurité compliquent la protection des écosystèmes.

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