RDC : des chercheurs plaident pour une meilleure protection des données environnementales

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Par Denise Kyalwahi

La République démocratique du Congo doit renforcer la manière dont elle produit, conserve, sécurise et utilise ses données environnementales. C’est l’alerte lancée par des scientifiques congolais dans une publication de la Revue Congolaise des Sciences & Technologies, qui appelle à la mise en place d’une politique nationale consacrée à la gestion de ces informations.

Intitulée « Urgence de la mise en place d’une politique nationale de gestion et de sécurisation des données environnementales en République démocratique du Congo », l’étude est signée par Raphael Muamba Tshimanga, Kalulu Taba, Pius Tshimankinda Mpiana et Jean-Jacques Tanfum Muyembe, de l’Académie Congolaise des Sciences à Kinshasa.

Les chercheurs constatent que les systèmes nationaux chargés de collecter les informations sur l’environnement restent faibles, parfois même dégradés. Les données produites sont également réparties entre plusieurs institutions et différents projets, sans toujours être suffisamment coordonnées.

Cette situation pose aussi un problème d’accès et de conservation. Selon l’étude, une partie importante des données recueillies en RDC est stockée ou exploitée à l’étranger. Les infrastructures nationales permettant de conserver ces informations, de les rendre accessibles aux chercheurs et aux institutions congolaises et d’en assurer une meilleure utilisation restent encore insuffisantes.

Pour les auteurs, cette faiblesse dépasse la simple question de la gestion des données. Elle peut renforcer la dépendance scientifique et technologique du pays et limiter sa capacité à produire et à maîtriser ses propres connaissances sur son environnement.

Les conséquences peuvent également se faire sentir dans la planification du développement. Une meilleure maîtrise des données permettrait notamment à la RDC de mieux préparer ses investissements dans les secteurs des forêts, des mines, de l’énergie, de l’eau, de la biodiversité et des infrastructures.

Les scientifiques soulignent que cette question devient encore plus urgente avec l’accélération du changement climatique, le développement des marchés du carbone et l’augmentation des investissements liés aux ressources naturelles.

Vers une politique nationale

Pour répondre à ces défis, les auteurs proposent la création d’une Politique Nationale de Gestion et de Sécurisation des Données Environnementales (PNGSDE).

Cette politique devrait permettre de mieux organiser la production, la collecte, la centralisation, la conservation, la sécurisation et le partage des données environnementales. Elle devrait également faciliter leur utilisation par les institutions publiques, les universités, les chercheurs et les autres acteurs concernés.

Les chercheurs proposent ainsi de considérer les données environnementales comme une infrastructure stratégique pour la RDC, au même titre que d’autres ressources essentielles au développement du pays.

Une telle politique pourrait, selon eux, aider la RDC à renforcer sa souveraineté scientifique et à mieux défendre ses intérêts dans les discussions internationales sur le climat, la biodiversité et la gestion des ressources naturelles.

Pour les auteurs, mieux maîtriser les données environnementales permettrait finalement au pays de mieux connaître son territoire, de prendre des décisions plus adaptées et de transformer ses informations scientifiques en un véritable outil de développement durable.

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