Investir dans la santé de la planète : un pari économique et humain incontournable, selon l’ONU

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Protéger le climat, restaurer la nature et réduire la pollution ne sont plus seulement des impératifs environnementaux : ce sont désormais des choix économiques majeurs. C’est la conclusion centrale d’un nouveau rapport des Nations Unies, qui estime que ces actions pourraient générer au moins 20 000 milliards de dollars par an d’ici 2070, tout en sauvant des millions de vies et en sortant des centaines de millions de personnes de la pauvreté.

Publié à l’occasion de la septième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA-7) à Nairobi, le Global Environment Outlook 7 (GEO-7) constitue l’évaluation la plus exhaustive jamais réalisée sur l’état de l’environnement mondial. Élaboré par 287 scientifiques issus de 82 pays, le rapport dresse un diagnostic sévère de la situation actuelle, mais démontre aussi qu’un changement de trajectoire reste possible.

Une crise environnementale au coût déjà colossal

Le constat est sans appel : la dégradation de l’environnement — qu’il s’agisse du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la pollution, de la désertification ou de la mauvaise gestion des déchets — représente déjà un coût humain et économique immense. Chaque année, elle entraîne des milliers de milliards de dollars de pertes économiques et provoque neuf millions de décès prématurés dans le monde.

Si les tendances actuelles se poursuivent, les perspectives sont alarmantes. La température mondiale pourrait dépasser 1,5 °C dès le début des années 2030, tandis que les pertes économiques liées au climat pourraient atteindre 20 % du PIB mondial d’ici la fin du siècle. Aujourd’hui déjà, 20 à 40 % des terres sont dégradées et un million d’espèces sont menacées d’extinction. À elle seule, la pollution de l’air a généré 8 100 milliards de dollars de dommages sanitaires en 2019, soit plus de 6 % du PIB mondial.

Transformer cinq systèmes pour changer de cap

Malgré ce tableau sombre, le GEO-7 souligne qu’une transformation profonde de cinq systèmes clés permettrait d’inverser la tendance.

La première concerne l’économie et la finance, avec une redéfinition de la richesse allant au-delà du PIB, intégrant le capital naturel et humain, ainsi que la suppression des subventions nuisibles à l’environnement.
La seconde vise les matériaux et les déchets, en généralisant l’économie circulaire, la conception durable et des modes de consommation moins matérialistes.
La troisième transformation porte sur l’énergie, avec la décarbonation complète du système énergétique, une meilleure efficacité et la réduction de la pauvreté énergétique.
La quatrième concerne les systèmes alimentaires, appelés à promouvoir des régimes plus sains et durables tout en réduisant drastiquement le gaspillage.
Enfin, la cinquième transformation touche à l’environnement et aux écosystèmes, en accélérant la conservation et la restauration des terres et en misant sur les solutions fondées sur la nature pour renforcer l’adaptation climatique.

Des bénéfices économiques et sociaux sans précédent

Si ces transformations sont engagées rapidement et de manière coordonnée, les bénéfices seraient visibles dès 2050. À l’horizon 2070, les gains pourraient atteindre 20 000 milliards de dollars par an, puis 100 000 milliards de dollars annuels au-delà.

Les retombées humaines seraient tout aussi majeures : neuf millions de décès prématurés évités d’ici 2050, 200 millions de personnes sorties de la sous-alimentation et plus de 100 millions libérées de l’extrême pauvreté.

Ces résultats nécessitent toutefois des investissements considérables, estimés à 8 000 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 pour atteindre la neutralité carbone et restaurer la biodiversité. Mais le rapport est clair : le coût de l’inaction serait bien plus élevé.

« Ce n’est pas un choix »

Pour Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le message est sans ambiguïté :
« L’humanité doit choisir entre poursuivre sur une voie menant à un avenir ravagé ou changer de direction pour garantir un climat stable, une nature florissante et des économies prospères. Ce n’est pas un choix. »

Elle souligne néanmoins les progrès déjà accomplis, notamment le développement rapide des énergies renouvelables, l’expansion des aires protégées, les accords internationaux sur la biodiversité et la pollution, ainsi que l’élimination progressive de nombreuses substances toxiques.

Un appel mondial à l’action collective

Le GEO-7 insiste enfin sur la nécessité d’une action collective et coordonnée, fondée sur des solutions co-construites et intégrant les savoirs autochtones et locaux afin d’assurer des transitions justes. Gouvernements, entreprises, ONG, chercheurs, peuples autochtones et citoyens sont appelés à reconnaître l’urgence, à renforcer les progrès existants et à mettre en œuvre des politiques intégrées pour bâtir un avenir durable.

Le message du rapport est clair : investir dans la santé de la planète n’est pas une contrainte, mais l’une des meilleures opportunités économiques et sociales du XXIᵉ siècle.

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