
Par Emmanuel Kasereka bin vikingi
Malgré les efforts du service d’adduction d’eau, la population de Goma continue de souffrir d’un manque criant d’eau potable. Habitants, experts et professionnels de santé interpellent les autorités sur l’urgence d’une gestion efficace et d’un renforcement des infrastructures pour répondre à une demande croissante.
Construite au bord du majestueux lac Kivu, la ville de Goma fait face à une contradiction flagrante : l’eau est là, mais elle n’est pas accessible en qualité potable pour la majorité des habitants. Cette situation, dénoncée par la population, traduit un déficit de volonté politique et de gestion des ressources.
Dans le quartier Mabanga Nord, un résident exprime son indignation : « C’est inadmissible qu’une ville construite autour d’un lac manque d’eau. Il faut une volonté des autorités pour régler cette situation. » Pour lui, les bornes-fontaines ajoutées récemment ne suffisent pas si elles ne sont pas correctement gérées.
Une habitante, rencontrée hors micro, insiste sur le potentiel inexploité : « L’accès à l’eau potable est possible. Nous avons le lac Kivu et les ressources du territoire de Rutshuru. Il faut seulement la volonté des intervenants. » Son témoignage met en avant l’importance d’une coordination efficace.
Les experts soulignent que la croissance démographique rapide de Goma accentue la crise. Chaque année, la population augmente, rendant insuffisants les appareils de traitement de l’eau. Les communes de Goma, Karisimbi et une partie de Nyiragongo dépendent du lac, mais les infrastructures ne suivent pas le rythme.

La multiplication des bâtiments et l’expansion urbaine exigent une planification adaptée. Les spécialistes recommandent de renforcer les systèmes existants et de développer des alternatives pour garantir une distribution équitable et durable de l’eau.
Les professionnels de santé alertent : sans eau propre, la population restera exposée aux maladies hydriques. Choléra, diarrhées et autres infections continuent de menacer les habitants, aggravant la vulnérabilité des plus pauvres.
Parmi les pistes évoquées figurent le renforcement des appareils de traitement du lac Kivu, l’accélération des projets d’adduction depuis Rutshuru et le recours au forage. Ces options nécessitent des investissements conséquents mais sont jugées indispensables.
La population et les experts convergent sur un point : seule une volonté politique ferme peut transformer la situation. La mise en place d’une gestion transparente et l’appui aux projets existants sont des conditions essentielles pour garantir l’accès universel à l’eau potable.
Au-delà des infrastructures, l’eau est une question de dignité et de survie. Pour Goma, l’urgence est claire : renforcer les capacités de traitement, diversifier les sources et protéger la santé publique. Sans cela, la ville restera prisonnière d’un paradoxe insoutenable.
Emmanuel Kasereka bin vikingi
