Par la rédaction

À Goma, au Nord-Kivu, l’organisation Action Without Borders-RDC a lancé en avril dernier le projet « Mboga Nyumbani » (« Légumes à la maison »), une initiative qui combine sécurité alimentaire, lutte contre la pollution plastique et adaptation au changement climatique.
Déployé dans la ville de Goma et ses environs, ce projet encourage les familles ainsi que les structures d’accueil à développer des potagers domestiques, même dans des espaces réduits. Dans un contexte urbain marqué par le manque de terres cultivables, l’agriculture hors-sol apparaît comme une solution pratique pour renforcer la résilience des communautés face aux défis climatiques et alimentaires.
L’approche défendue par l’organisation consiste à transformer les déchets plastiques en outils de production agricole. Bouteilles usées, bidons ou anciens bassins sont récupérés puis réutilisés comme supports de culture pour aménager des jardins verticaux ou des bacs potagers. Ces installations permettent de cultiver plusieurs légumes, notamment des amarantes, des épinards, des tomates ou encore des oignons, tout en réduisant la quantité de déchets abandonnés dans l’environnement et aux abords du lac Kivu.

Selon MUNGUIKO THIERRY Horneyssie, coordinateur national de Action Without Borders-RDC, le projet repose sur une logique d’économie circulaire qui associe protection de l’environnement et amélioration des conditions de vie des populations.
L’initiative cible particulièrement les orphelinats et centres d’accueil confrontés à des difficultés alimentaires récurrentes. Récemment, les équipes du projet se sont rendues à l’orphelinat Orphelinat Mafathedi afin de sensibiliser les responsables à l’agriculture urbaine et de distribuer des semences de choux, d’amarantes et de poivrons.
Pour ces structures qui vivent souvent grâce à des dons irréguliers, disposer d’un potager représente une alternative durable pour améliorer l’alimentation des enfants et réduire certaines dépenses quotidiennes.

« Ce jardin pourra aider à la bonne alimentation des enfants. L’argent qui était autrefois affecté à l’achat de légumes pourra désormais servir à couvrir d’autres besoins essentiels, comme les médicaments », a déclaré Justin Katendere, coordinateur de l’orphelinat Orphelinat Mafathedi.
Au-delà de la production alimentaire, le projet vise également à promouvoir une consommation plus saine grâce à des cultures sans pesticides chimiques. Pour les initiateurs, cette autonomie alimentaire constitue un moyen de protéger la santé des enfants tout en sensibilisant les communautés locales à la préservation de l’environnement.
À terme, « Mboga Nyumbani » ambitionne d’étendre ses activités à une dizaine d’orphelinats de Goma ainsi qu’aux habitants de la ville et du territoire de Nyiragongo. Une initiative qui démontre qu’au cœur des zones urbaines, même les espaces les plus modestes peuvent devenir des sources de nourriture, de solidarité et d’espoir pour les populations vulnérables.
