
Des experts africains du climat, des représentants gouvernementaux et plusieurs partenaires internationaux sont réunis à Lusaka, en Zambie, dans le cadre d’un dialogue continental consacré au renforcement des systèmes d’alerte précoce et de préparation face aux risques climatiques croissants en Afrique.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’augmentation des phénomènes climatiques extrêmes qui affectent durement les communautés africaines, notamment les agriculteurs, les éleveurs et les populations côtières, souvent parmi les plus vulnérables.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, Ranford Simumbwe, représentant le secrétaire permanent du ministère zambien de l’Économie verte et de l’Environnement, a souligné l’importance stratégique de l’information climatique pour le développement durable du continent.
Selon lui, les données climatiques ne produisent de résultats concrets que lorsqu’elles sont transformées en actions capables de protéger les populations et les économies africaines. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les experts régionaux, d’harmoniser les prévisions climatiques et de rapprocher les producteurs d’informations climatiques des utilisateurs de ces données.
De son côté, la directrice du Bureau régional de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) pour l’Afrique, Dr Agnes Kijazi, a mis en garde contre les risques liés à un possible prolongement du phénomène El Niño entre 2026 et 2027.
Elle a appelé les pays africains à intensifier les mécanismes de préparation, les actions anticipatives et les systèmes d’aide à la décision basés sur les informations climatiques. Selon elle, le Forum continental africain sur les perspectives climatiques constitue un cadre essentiel pour transformer les données scientifiques en services d’alerte précoce capables de protéger les vies humaines, les moyens de subsistance et les économies.
Dr Ousmane Ndiaye, directeur général du Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD), a également insisté sur l’urgence d’agir face aux risques annoncés d’El Niño.
Il a expliqué que cette rencontre offre une plateforme stratégique pour améliorer les systèmes d’alerte, renforcer la résilience des communautés et assurer une meilleure coordination entre les institutions africaines, les gouvernements, les partenaires humanitaires et les acteurs du développement.

Les travaux de Lusaka devraient déboucher sur plusieurs résultats concrets, notamment l’élaboration de prévisions climatiques continentales coordonnées, l’amélioration des mécanismes de communication des alertes précoces ainsi que le renforcement de la planification dans des secteurs prioritaires comme l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’eau, la santé et la gestion des risques de catastrophes.
L’un des objectifs majeurs de cette rencontre est également de favoriser une meilleure interaction entre les producteurs d’informations climatiques et les utilisateurs issus de différents secteurs grâce aux plateformes continentales d’interface climatique. Cette approche vise à transformer les rapports techniques en outils pratiques d’aide à la décision pour les gouvernements et les communautés.
Les organisateurs estiment que ce dialogue continental illustre l’engagement de l’Afrique à renforcer la coopération régionale afin de garantir que les informations climatiques parviennent aux populations concernées de manière compréhensible, rapide et utile.
L’atelier se poursuivra jusqu’au 19 juin 2026 à Lusaka. Les experts et parties prenantes y formuleront des recommandations destinées à aider les États africains à mieux anticiper et gérer les risques climatiques avant qu’ils ne provoquent des crises humanitaires et socio-économiques majeures.
Les discussions s’inscrivent également dans le cadre du programme ClimSA, une initiative phare de l’Union africaine financée à hauteur de 22 millions d’euros. Ce programme vise à renforcer les services climatiques dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, notamment en soutenant les centres climatiques régionaux africains et les services météorologiques nationaux afin d’intégrer les informations climatiques dans les politiques publiques et les stratégies de développement durable.
