
L’organisation Shujaa-Initiative a fermement condamné les attaques répétées visant les personnels et les installations sanitaires engagés dans la lutte contre la maladie à virus Ebola dans la ville de Beni, à Butembo ainsi que dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.
Dans un communiqué de presse publié sous la référence Nº004/SHUJAA-INITIATIVE/POCBG/2026, l’organisation appelle les procureurs de la République près les tribunaux de grande instance de Beni et de Butembo à ouvrir, sans délai, des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces afin d’identifier les auteurs, coauteurs, complices et commanditaires de ces actes jugés extrêmement graves.
Shujaa-Initiative exhorte également le gouverneur du Nord-Kivu, le Général Evariste Kakule Somo, à prendre des mesures urgentes et responsables face à cette nouvelle flambée de l’épidémie d’Ebola.
Plusieurs attaques signalées contre les structures sanitaires
Selon le communiqué, le 15 juin 2026, le Centre hospitalier adventiste de Wanamahika-Mutiri a été attaqué par des individus non identifiés. Lors de cette attaque, une enfant atteinte du virus Ebola aurait été enlevée de force.
Une semaine auparavant, le Centre de traitement Ebola de Katwa avait déjà fait l’objet d’une tentative d’incendie attribuée à des personnes non identifiées.
Le 18 juin 2026, le Centre de santé de Kabasha, situé dans le territoire de Beni, a également été vandalisé après l’évacuation d’un enfant testé positif au virus Ebola vers une structure sanitaire de la zone de santé de Kalunguta pour une prise en charge sécurisée.

Des scènes de violences relayées sur les réseaux sociaux
L’organisation rapporte aussi que deux vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux le 19 juin montrent des actes de violence particulièrement choquants. Dans l’une des vidéos, une femme est humiliée et agressée physiquement par plusieurs individus. Dans une autre séquence, un homme est violemment attaqué alors qu’il est au sol.
Selon les informations relayées dans ces vidéos, les victimes seraient accusées d’être impliquées dans la riposte contre Ebola.
Le même jour, d’après le Médecin chef de la zone de santé de Beni, deux professionnels de santé, dont un infirmier engagé dans la riposte, ont échappé de justesse à des violences grâce à l’intervention de la police en pleine ville de Beni.
Par ailleurs, dans la nuit du 20 juin 2026, le bâtiment d’isolement du Centre de santé de Kanzulinzuli, à Beni, a été visé par une nouvelle tentative d’incendie criminel.
Des violations graves des droits humains
Pour Shujaa-Initiative, ces actes constituent de graves violations du droit à la vie, du droit à l’intégrité physique ainsi que du droit à la santé. L’organisation estime que ces violences compromettent sérieusement les efforts de lutte contre Ebola et mettent en danger aussi bien les professionnels de santé que les populations bénéficiaires des soins.
Le communiqué rappelle également que ces faits pourraient être qualifiés, au regard du Code pénal congolais, de tentatives de meurtre, tentatives d’assassinat, enlèvements, coups et blessures volontaires, destructions méchantes et incendies criminels.
L’organisation souligne enfin que la République démocratique du Congo est tenue, conformément à ses engagements internationaux en matière des droits humains, d’assurer la protection des personnels de santé et de poursuivre les auteurs de toute violence dirigée contre eux.
Appel à la collaboration et à la confiance
Shujaa-Initiative réaffirme son engagement dans la défense des droits humains et la promotion de la bonne gouvernance, tout en rejetant toute politisation de la lutte contre Ebola.
L’organisation exprime également sa solidarité envers l’ensemble des équipes médicales engagées dans la riposte et appelle la population à renforcer la collaboration avec les autorités sanitaires afin de restaurer la confiance et de faciliter la lutte contre l’épidémie.
