Par Denise Kyalwahi
À l’occasion de la conférence régionale du Regional Nile Youth Network, tenue les 28 et 29 octobre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, Nathan Mugisha, avocat et chercheur en droit de l’environnement minier, a attiré l’attention sur les risques de contamination des eaux liés à certaines pratiques d’exploitation minière artisanale en République démocratique du Congo. Il appelle à renforcer la coordination des actions environnementales et à clarifier certaines dispositions juridiques.

La pollution des eaux constitue une préoccupation majeure pour la protection des écosystèmes du bassin du Nil. En République démocratique du Congo (RDC), certaines pratiques d’exploitation minière artisanale, combinées à d’autres activités humaines, peuvent accentuer les risques de dégradation des rivières et des lacs.
C’est l’une des préoccupations soulevées par Nathan Mugisha, représentant de la jeunesse congolaise à la conférence régionale du Regional Nile Youth Network, organisée les 28 et 29 octobre à Addis-Abeba, en Éthiopie.


Avocat de profession et chercheur en droit de l’environnement minier, il s’intéresse notamment aux conséquences de l’exploitation minière artisanale sur les ressources naturelles, en particulier sur la qualité de l’eau.
Selon lui, l’utilisation de certaines substances chimiques, notamment le mercure, dans certaines activités minières peut entraîner une contamination des milieux aquatiques lorsque les résidus sont rejetés sans précautions suffisantes.
« Ces matières ont des effets néfastes sur les êtres aquatiques. Les rivières et les lacs, notamment les lacs Albert et Édouard, peuvent être exposés à des risques de pollution », a-t-il expliqué.
Des activités humaines qui fragilisent les cours d’eau
Au-delà des activités minières, Nathan Mugisha attire l’attention sur certaines pratiques agricoles réalisées à proximité des cours d’eau sans mesures de protection suffisantes.
L’exploitation des minerais sur les berges et l’absence de coordination des interventions au niveau local figurent également parmi les facteurs de préoccupation évoqués par le chercheur.
Pour lui, la protection des ressources en eau ne peut pas reposer uniquement sur les autorités ou les organisations spécialisées. Elle doit devenir une responsabilité partagée par l’ensemble des citoyens.
Il encourage ainsi l’adoption de gestes quotidiens favorables à l’environnement et le développement d’initiatives communautaires capables de prévenir les pollutions.
Les jeunes doivent participer aux solutions
Nathan Mugisha estime que les jeunes doivent être reconnus comme des acteurs à part entière de la protection de l’environnement, capables de concevoir des initiatives et de contribuer à la résolution des problèmes rencontrés par leurs communautés.
« Nous ne devons pas seulement être considérés comme des bénéficiaires de différents projets de développement, mais également comme des acteurs capables de proposer des initiatives concrètes pour résoudre les problèmes environnementaux et sociaux », a-t-il déclaré.
Il appelle les organisations de jeunes, les structures féminines, les organisations de défense des droits des enfants et les ONG environnementales à rejoindre les réseaux de jeunesse du bassin du Nil.
L’objectif, selon lui, est de mettre en commun les compétences disponibles, de mieux coordonner les initiatives et de développer des réponses adaptées aux défis environnementaux et sociaux.
Des questions sur la cohérence des textes juridiques
Le chercheur soulève également la question de l’application du droit environnemental en RDC. Selon son analyse, certaines dispositions de la législation environnementale et du Code minier mériteraient d’être clarifiées afin de mieux encadrer les activités susceptibles de porter atteinte aux écosystèmes.
Il évoque notamment les exigences relatives aux études d’impact environnemental et social dans le secteur minier artisanal. Il estime que des incohérences entre certains textes peuvent créer des incertitudes quant aux obligations applicables à certaines activités.
Nathan Mugisha souligne également les difficultés liées à la mise en œuvre des règles relatives à la réhabilitation des sites après certaines activités minières.
Pour lui, une meilleure harmonisation des textes, des contrôles plus efficaces et une application effective des obligations environnementales sont nécessaires pour prévenir les dommages et favoriser la restauration des milieux dégradés.
Ces observations constituent l’analyse du chercheur et nécessitent, pour une présentation juridique définitive, une vérification des dispositions légales précises concernées.
Une responsabilité partagée entre les pays du bassin
Pour Nathan Mugisha, les défis liés à la pollution des eaux dépassent les frontières nationales. Les pays qui partagent les ressources du bassin du Nil ont donc intérêt à renforcer leur collaboration et à coordonner leurs efforts.
La conférence régionale offre, selon lui, une occasion de rapprocher les expériences nationales et de faire émerger des initiatives communes pour la préservation des ressources naturelles.
« Nous avons l’obligation de collaborer avec tous les autres pays avec lesquels nous partageons les mêmes ressources, afin de fédérer nos efforts et de trouver des solutions concertées pour l’équilibre de l’humanité », a-t-il conclu.
À travers cet appel, le représentant congolais défend une approche associant participation des jeunes, responsabilité citoyenne, amélioration du cadre juridique et coopération régionale pour mieux protéger les eaux du bassin du Nil.
