UNEA-7 : La Suisse propose une résolution ambitieuse pour renforcer la gestion saine des produits chimiques et des déchets

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Nairobi, décembre 2025. À l’occasion de la septième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA-7), la Suisse a présenté un projet de résolution majeur visant à intensifier la gestion saine des produits chimiques et des déchets, un enjeu central au cœur de la triple crise planétaire : changement climatique, pollution et perte de biodiversité.

Cette initiative intervient dans un contexte où les effets néfastes des substances dangereuses — métaux lourds, pesticides toxiques, perturbateurs endocriniens ou encore déchets persistants — continuent de menacer les populations, les écosystèmes et les économies, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Le texte suisse s’appuie sur une série de résolutions précédentes (1/5, 2/7, 3/7, 4/8, 5/7 et 6/9) adoptées par l’Assemblée, qui soulignent toutes l’urgence de limiter les impacts des produits chimiques sur la santé humaine et l’environnement. Il rappelle également que la gestion rationnelle des substances dangereuses est indispensable pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), notamment ceux relatifs à la santé (ODD 3), l’eau propre (ODD 6), la consommation responsable (ODD 12), l’action climatique (ODD 13) et la protection des écosystèmes terrestres et marins (ODD 14 et 15).

Une alerte sur des dangers encore sous-estimés

Selon le projet, des défis majeurs persistent malgré les efforts internationaux. Les métaux lourds tels que le plomb, le cadmium ou l’arsenic, mais aussi les organotins et de nombreuses substances persistantes, continuent de se retrouver dans les chaînes alimentaires, les eaux, les sols et les produits de consommation.

Les perturbateurs endocriniens, dont l’impact sur le développement, la fertilité et la santé infantile est de plus en plus documenté, restent également insuffisamment réglementés dans plusieurs régions du monde.

La Suisse souligne que, faute d’une action plus vigoureuse, les dommages pourraient s’intensifier, aggravant les crises environnementales et sanitaires mondiales.

Un rôle renforcé pour la science

Le projet de résolution met en avant le rôle déterminant de la recherche scientifique. Il se félicite notamment de la création du Groupe intergouvernemental scientifique et politique sur les produits chimiques, les déchets et la pollution, un nouvel organe destiné à fournir des données probantes et à éclairer les décisions politiques.

La Suisse demande également au PNUE d’accélérer la production et la mise à jour de rapports scientifiques, notamment sur les perturbateurs endocriniens, dont la dernière édition officielle remonte à 2012.

Identifier les priorités régionales et renforcer les synergies un objectif assigné pour résoudre des problèmes environnementaux.

L’un des piliers du projet consiste à mandater le PNUE pour identifier les priorités nationales et régionales en matière de gestion du plomb, du cadmium, de l’arsenic et des organotins. Cette étape permettra d’orienter les stratégies futures et d’adapter les interventions aux réalités locales, souvent très contrastées entre régions industrialisées et pays du Sud.

La résolution encourage également les États à devenir membres actifs du nouveau panel scientifique afin de garantir son bon fonctionnement.

La résolution insiste sur la nécessité de mobiliser des ressources supplémentaires, financières et techniques. Plus de financements : une exigence cruciale pour résoudre ce problème actuel.

Elle appelle : les États, les institutions financières internationales, le secteur privé et les autres parties prenantes à renforcer leur soutien, notamment via le Fonds spécial pour le renforcement des capacités nationales et via le Global Framework on Chemicals, un nouveau cadre mondial pour une planète sans pollution chimique.

La Suisse invite aussi le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), actuellement dans sa neuvième reconstitution, à intégrer davantage la gestion des produits chimiques dans ses priorités.

Mieux coordonner les conventions internationales

Le projet encourage une collaboration approfondie entre les principales conventions liées aux produits chimiques et aux déchets — Bâle, Rotterdam, Stockholm et Minamata — afin d’éviter les doublons, harmoniser les approches, et renforcer la cohérence des actions internationales.

Le PNUE est invité à jouer un rôle central dans cette coordination.

Enfin, la résolution demande au Directeur exécutif du PNUE de faire rapport à l’UNEA-8 sur la mise en œuvre des mesures proposées. Cette étape sera déterminante pour évaluer les progrès réalisés et ajuster les stratégies globales.

La proposition suisse s’inscrit dans un mouvement mondial visant à traduire les connaissances scientifiques en actions concrètes. Pour de nombreux observateurs, elle constitue un pas important vers une gouvernance environnementale plus cohérente et plus opérationnelle, à un moment où les enjeux liés aux produits chimiques deviennent de plus en plus préoccupants.

Alors que l’UNEA-7 se poursuit à Nairobi, ce projet de résolution offre une opportunité unique de renforcer l’action internationale pour réduire les risques chimiques et protéger la santé humaine et les écosystèmes.

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