
Par Denise Kyalwahi
Le Consortium PACOFEDI-REFAM a exprimé sa vive inquiétude face à l’aggravation de la pénurie d’eau potable dans plusieurs villages des groupements de Kibumba et Buhumba, situés dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu. Avant la fermeture des postes frontaliers de Kasizi et Kabuhanga, plusieurs habitants de Kibumba et Buhumba s’approvisionnaient en eau potable au Rwanda pays voisin. La fermeture de ces points de passage a considérablement réduit les alternatives disponibles pour les communautés.
Dans un communiqué publié le 15 juin 2026 à Kiheru, cette structure regroupant le Programme d’Action Communautaire des Femmes pour le Développement Intégré (PACOFEDI) et le Réseau des Femmes Ambassadrices et Médiatrices des Territoires pour la Paix (REFAM) appelle à une intervention urgente des autorités, des organisations humanitaires et des partenaires techniques et financiers afin d’éviter une détérioration de la situation sanitaire et sécuritaire dans la zone.
D’après les informations recueillies auprès des femmes médiatrices, des leaders communautaires et des relais locaux, les populations traversent une période particulièrement difficile en raison de la saison sèche qui accentue le manque d’eau potable déjà observé depuis plusieurs années.
Le consortium estime que cette situation fragilise davantage les efforts de lutte contre Ebola et d’autres maladies liées à l’eau insalubre. Dans plusieurs localités, les habitants éprouvent des difficultés à respecter les mesures élémentaires d’hygiène comme le lavage régulier des mains ou le nettoyage des espaces communautaires, faute d’un accès suffisant à l’eau propre.

Les communautés dénoncent également les insuffisances du projet Water for Virunga. Selon plusieurs témoignages, les infrastructures de distribution restent limitées aux zones situées le long de la route principale. Le dernier point d’approvisionnement accessible se trouverait à l’École Primaire Kibumba, contraignant de nombreuses familles à parcourir de longues distances pour obtenir de l’eau.
Face à cette réalité, certains habitants se rabattent sur les eaux provenant des pentes du mont Mikeno, à proximité du Parc National des Virunga, malgré les risques sanitaires liés à une eau dont la qualité n’est pas contrôlée.
Le consortium attire aussi l’attention sur les conséquences sécuritaires de cette crise. Les femmes et les jeunes filles, principales responsables de la recherche d’eau, doivent traverser quotidiennement des zones isolées où elles sont exposées à des violences, des agressions physiques ainsi qu’aux dangers liés à la présence d’animaux sauvages, notamment les buffles signalés près des villages riverains du parc.
PACOFEDI-REFAM rappelle par ailleurs qu’avant la fermeture des postes frontaliers de Kasizi et Kabuhanga, plusieurs habitants de Kibumba et Buhumba s’approvisionnaient en eau potable au Rwanda voisin. La fermeture de ces points de passage a considérablement réduit les alternatives disponibles pour les communautés.
Pour répondre à cette urgence, les populations plaident pour l’extension du réseau de distribution d’eau vers les villages non desservis, l’installation de nouvelles bornes-fontaines et l’amélioration de la gestion de la distribution afin de garantir un accès régulier et équitable à l’eau potable.
Le consortium invite enfin les autorités congolaises, les agences onusiennes, les organisations humanitaires et les partenaires au développement à procéder rapidement à une évaluation de la situation et à mobiliser des moyens suffisants pour renforcer durablement les infrastructures hydrauliques dans les groupements concernés.
Selon Mme Liberata Rubumba Buratwa, signataire du communiqué au nom du consortium, des investissements urgents dans les secteurs de l’eau, de la prévention sanitaire et de la protection communautaire restent indispensables pour préserver la santé et la dignité des populations vivant dans le territoire de Nyiragongo.
