Exploitation du cuivre à Bashu : des organisations de la société civile exigent davantage de transparence sur le projet « Butembo Copper/Gold »

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Par Denise Kyalwahi

L’évolution des travaux d’exploration du projet minier « Butembo Copper/Gold » dans la chefferie de Bashu, en territoire de Beni (Nord-Kivu), suscite de nombreuses interrogations au sein de la société civile. Dans un communiqué conjoint publié le 7 juillet 2026, l’organisation African Women for Natural Resources (AWNR) et l’Association Culturelle Nande (ACN Kyaghanda asbl) appellent la société américaine Copper Intelligence ainsi que ses partenaires à renforcer la transparence, le dialogue avec les communautés locales et le respect des obligations environnementales prévues par la législation congolaise.

Les deux organisations rappellent que Copper Intelligence a obtenu, en février 2026, une licence d’exploration cuprifère dans le cadre du partenariat conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis. Depuis lors, l’entreprise mène des recherches géologiques dans la chefferie de Bashu afin d’évaluer le potentiel du projet « Butembo Copper/Gold », situé dans une région où l’agriculture constitue la principale source de revenus des populations.

Le 1er juillet dernier, la société a annoncé des résultats préliminaires qu’elle juge encourageants. Selon Copper Intelligence, le premier forage d’exploration (BCDD001) a révélé une minéralisation de cuivre sur une épaisseur de 7,55 mètres à partir de la surface, avec une teneur moyenne de 5,96 %. Un second forage (BCDD002), réalisé à une centaine de mètres du premier, aurait confirmé la continuité de cette minéralisation en mettant en évidence deux intervalles de trois mètres présentant respectivement des teneurs de 0,24 % et 1,89 % de cuivre.

Pour l’entreprise, ces premières données confirment l’existence d’un potentiel cuprifère important dans cette partie du territoire de Beni. Toutefois, AWNR et l’ACN Kyaghanda estiment que ces avancées techniques ne doivent pas faire oublier les obligations légales qui encadrent les activités minières en RDC.

Les deux organisations dénoncent notamment l’absence de publication du Plan d’Atténuation et de Réhabilitation (PAR), document exigé avant la réalisation des travaux de recherche conformément à l’article 50 bis du Code minier. Elles rappellent également que les articles 477 à 489 du Règlement minier imposent aux opérateurs de préparer et de rendre publics plusieurs documents essentiels, dont l’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES), le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) ainsi que le PAR. Ces textes prévoient également l’information et la participation des communautés susceptibles d’être affectées par les activités minières.

Selon AWNR, les informations recueillies sur le terrain avec l’appui de l’ACN Kyaghanda indiquent que les travaux d’exploration auraient commencé sans consultation préalable des populations locales. Les deux organisations affirment également n’avoir retrouvé aucune publication du PAR sur les plateformes officielles de l’entreprise, une situation qu’elles jugent préoccupante au regard des exigences de transparence prévues par la réglementation congolaise.

Face à cette situation, AWNR et l’ACN Kyaghanda demandent à Copper Intelligence de rendre publics tous les documents environnementaux requis, d’instaurer un dialogue permanent avec les communautés concernées et de garantir un accès régulier à l’information tout au long du développement du projet. Pour elles, l’acceptabilité sociale demeure un élément indispensable à toute exploitation responsable des ressources naturelles.

Les organisations interpellent également le ministère des Mines, les services techniques compétents ainsi que les autorités provinciales du Nord-Kivu. Elles les invitent à renforcer les mécanismes de contrôle afin de veiller au respect des obligations légales, de protéger les droits des populations de Bashu et de promouvoir une gouvernance minière fondée sur la transparence, la participation citoyenne et la redevabilité.

Au-delà des questions de gouvernance, le projet « Butembo Copper/Gold » relance le débat sur l’exploitation des ressources stratégiques dans l’est de la RDC. Cette région, riche en minerais, abrite également une biodiversité remarquable et des communautés dont les moyens de subsistance reposent principalement sur les terres agricoles, les forêts et les ressources en eau. Pour plusieurs acteurs de la société civile, le développement du secteur minier ne pourra être durable que s’il s’accompagne d’un strict respect des normes environnementales, des droits humains et des intérêts des populations locales.

Quel est le potentiel réel du cuivre à Bashu ?

Les premiers résultats de forage révèlent des teneurs en cuivre considérées comme prometteuses pour un projet encore au stade de l’exploration. Une teneur moyenne proche de 6 % sur plusieurs mètres constitue un indice géologique favorable, tandis que la continuité observée entre les premiers forages laisse envisager un système minéralisé plus vaste.

Cependant, ces données ne permettent pas encore de déterminer la quantité totale de cuivre présente dans le sous-sol de Bashu. À ce jour, aucune estimation officielle des ressources ou des réserves minières n’a été publiée selon les normes internationales de déclaration des ressources. Des campagnes d’exploration complémentaires seront nécessaires pour évaluer avec précision l’étendue du gisement, sa viabilité économique et les conditions de son éventuelle exploitation, dans le respect des exigences environnementales et des droits des communautés locales.

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