Kabare : à Chiragabwa 2, l’enfer nocturne de l’eau potable met en danger la vie des femmes

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Par Patrick Mapenzi 

Dans le groupement de Mudusa, sous village de Chiragabwa 2 à Kabare, la pénurie d’eau potable durant la journée pousse les habitantes à des rituels nocturnes de tous les dangers. Entre risques de viols, agressions et factures exorbitantes pour un service quasi-inexistant, la population crie à l’aide et interpelle la Régie de distribution d’eau (Regideso).

Cette population fait face ces derniers temps à un problème majeur : l’absence totale d’eau potable pendant la journée. Pour espérer remplir un bidon, les habitants n’ont d’autre choix que de s’en remettre à la nuit.

Selon Rodriguez Kishibisha, Président de la société civile sous noyau de Cimpwiji (Mudusa), chaque nuit, aux alentours de 1 heure ou 2 heures du matin, le même scénario dramatique se répète. Ce sont les mamans, les épouses et les jeunes filles qui doivent abandonner leur sommeil pour s’enfoncer dans le noir à la recherche d’une source d’eau. Un parcours du combattant qui les force parfois à parcourir entre 2 et 3 kilomètres à pied.

Cette quête nocturne expose les habitantes à une insécurité chronique. Dans une région déjà fragilisée par des tensions sécuritaires, sortir seule au milieu de la nuit équivaut à prendre des risques immenses. Les femmes risquent à tout moment de croiser des personnes mal intentionnées ou des inciviques.

 » Les craintes de la communauté sont malheureusement fondées sur des drames réels. Récemment, dans le quartier voisin de Mulengeza 2, une jeune fille partie chercher de l’eau à 1 heure du matin a été interceptée par des individus de mauvaise volonté. Elle a été sauvagement violée et tabassée à mort. Une tragédie qui hante aujourd’hui tous les esprits à Chiragabwa 2« , a-il-déclaré 

Au-delà du danger physique, c’est le sentiment d’injustice qui domine. Non seulement l’eau est distribuée de manière squelettique et avec un retard criant, mais la politique tarifaire de la Régie des eaux (Regideso) suscite l’incompréhension et la colère.

« À la fin du mois, ils nous envoient des factures exorbitantes, alors que l’eau ne coule presque pas. Notre population n’est même pas capable d’en payer la moitié », déplore Rodriguez Kishibisha.

À cela s’ajoutent des problèmes techniques récurrents. Entre les coupures intempestives, les tuyaux régulièrement endommagés ou coupés, l’interruption de la desserte est devenue la norme dans cette partie de Mudusa.

Face à cette crise humanitaire et sécuritaire, la population de Chiragabwa 2 refuse de se résigner. Les leaders communautaires et les habitants lancent un appel pressant aux gestionnaires des infrastructures hydrauliques, et particulièrement à la Regideso, qui gère l’eau du projet de Mercy Corps.

L’exigence est simple : alimenter régulièrement cette partie de Mudusa en territoire de Kabare au Sud-Kivu en eau potable pendant la journée, afin de mettre un terme à ces expéditions nocturnes qui mettent en péril la vie des femmes et des filles. Il en va de la dignité, mais surtout de la vie des habitants de Chiragabwa 2.

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