
Par la rédaction
L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) vient de franchir un nouveau seuil particulièrement préoccupant. Au moins 2 011 personnes sont décédées sur 4 381 cas confirmés au 9 août 2026, selon le dernier rapport de situation des autorités sanitaires congolaises. Le taux de létalité atteint ainsi 45,9 %.
Ce bilan rapproche l’épidémie actuelle de la dixième flambée d’Ebola enregistrée en RDC, entre août 2018 et juin 2020. Cette précédente épidémie avait causé 2 287 décès sur 3 470 cas, au terme de 22 mois de transmission. Elle demeure à ce jour la deuxième épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée dans le monde.
Cinq provinces et 53 zones de santé touchées
La propagation du virus reste préoccupante. L’épidémie affecte désormais 53 zones de santé réparties dans cinq provinces du pays.
L’Ituri demeure la province la plus touchée. Selon les données disponibles, 28 de ses 36 zones de santé sont concernées par la maladie. La transmission reste également active au Nord-Kivu et au Haut-Uélé, où les équipes sanitaires poursuivent les activités de surveillance et de prise en charge.
Cette extension géographique complique davantage les efforts de contrôle de l’épidémie, notamment dans les zones confrontées à des difficultés d’accès aux services de santé et à une forte mobilité des populations.
Une hausse rapide des décès
La dynamique récente de l’épidémie suscite une inquiétude particulière. Selon le coordonnateur principal de la réponse inter-agences à Ebola, près de la moitié des quelque 2 000 décès enregistrés seraient survenus au cours des vingt derniers jours.
Cette accélération de la mortalité témoigne de la pression croissante exercée sur la riposte et appelle à une intensification des interventions dans les zones affectées.
Les équipes engagées dans la réponse poursuivent notamment la surveillance épidémiologique, l’identification des cas, la prise en charge des personnes infectées, la recherche des contacts et les activités de prévention et de sensibilisation.
La prévention reste déterminante
Face à cette progression, les autorités sanitaires et leurs partenaires sont appelés à renforcer les mesures de prévention et de contrôle des infections, mais également à améliorer l’accès rapide aux soins pour les personnes présentant des symptômes.
Dans les communautés touchées, la sensibilisation demeure essentielle pour favoriser le recours précoce aux structures de santé et limiter les risques de transmission.
Le franchissement de la barre des 2 000 décès constitue ainsi un signal d’alerte majeur. Alors que l’épidémie se rapproche du bilan de la dixième flambée, les acteurs de la riposte sont appelés à intensifier leurs efforts afin de freiner la transmission et d’éviter une nouvelle aggravation de la situation.
