
Par Denise Kyalwahi
L’ACS2 reposera sur deux piliers stratégiques : mettre en valeur les solutions climatiques africaines et débloquer les financements nécessaires pour la transition verte. Objectif : replacer le continent au cœur de la réponse mondiale face à une crise climatique qui s’intensifie — 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, et 2025 s’annonce pire encore.
Un continent vulnérable mais porteur de solutions
Bien que l’Afrique ne soit responsable que de moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle en subit les impacts les plus sévères. Les États africains consacrent plus de 5 % de leur PIB à la réponse aux catastrophes climatiques, au détriment de secteurs vitaux comme la santé et l’éducation.
Un rendez-vous politique majeur est lancé à Addis Ababa. Pourtant, le continent dispose d’atouts considérables. Fort de son potentiel solaire inégalé, de ses ressources minières stratégiques et de son savoir-faire local, l’Afrique ambitionne de porter sa capacité en énergies renouvelables à 300 GW d’ici 2030. Ce cap permettrait d’assurer l’accès universel à l’électricité, de stimuler l’industrialisation verte et de créer des millions d’emplois.
Plus de 45 chefs d’État africains sont attendus. L’ACS2 servira également de plateforme pour définir la position commune de l’Afrique avant la COP30. « Ce sommet est notre COP, notre moment pour montrer que l’Afrique n’attend pas, mais qu’elle mène », a déclaré Seyoum Mekonnen, ministre éthiopien délégué à la Planification et au Développement.
Parmi les priorités figurent :
Réformer l’architecture mondiale du financement climatique,
Accroître l’accès aux subventions et aux financements concessionnels pour l’adaptation,
Soutenir des projets locaux à fort impact tels que le reboisement, l’agriculture résiliente à la sécheresse ou les systèmes d’alerte précoce intégrant savoirs traditionnels et données météorologiques.
Un écart financier alarmant s’observe en Afrique. Selon l’Union africaine, l’Afrique a besoin de 3 000 milliards de dollars pour atteindre ses objectifs climatiques, mais n’a reçu que 30 milliards entre 2021 et 2022. Actuellement, seulement 18 % des besoins annuels en atténuation et 20 % des besoins en adaptation sont financés, et la contribution du secteur privé reste largement en deçà de la moyenne mondiale.
Pour Moses Vilakati, commissaire de l’UA chargé de l’Environnement, « l’ACS2 est l’occasion de transformer ce déficit en opportunité, d’unir nos forces pour un financement inclusif qui ne laisse personne de côté ».
De la déclaration à l’action
En 2023, la première édition du Sommet avait débouché sur la Déclaration de Nairobi, un appel en onze points affirmant la position unie de l’Afrique. Cette année, l’enjeu est clair : passer des engagements aux résultats concrets.
Avec plus de 45 événements officiels, 300 demandes de sessions parallèles et un engouement marqué des États membres, partenaires au développement, entreprises et organisations de la société civile, l’ACS2 s’annonce comme un moment charnière pour affirmer que l’Afrique n’est pas seulement une victime du changement climatique, mais un acteur central de sa résolution.
