Walikale : Plus de 20 morts à Kibua, le cri de détresse de TEDE-RDC face au spectre du choléra et d’Ebola

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Par Patrick Mapenzi

Pendant que les yeux du monde sont rivés sur les grands centres urbains, une tragédie humanitaire à huis clos se joue dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Faute de mesures adéquates et d’outils de sensibilisation, la zone de santé de Kibua bascule dans l’urgence, prise en étau entre un afflux massif de déplacés et la propagation de maladies mortelles.

Dans un message partagé par André Ushindi Nkango, Chef de base de l’organisation Terres, Environnement pour le Développement Endogène (TEDE-RDC Walikale), la société civile tire la sonnette d’alarme sur la situation critique qui prévaut à Ntoto, dans la zone de santé de Kibua.

Le bilan est déjà lourd : en moins de trois mois, plus d’une vingtaine de personnes ont perdu la vie sans qu’aucune mesure adéquate ou suffisante n’ait été déployée pour stopper l’hémorragie sanitaire.

Pour comprendre l’isolement de ces populations, il faut cartographier l’organisation sanitaire de la région. Située dans la province du Nord-Kivu, la zone de santé de Kibua constitue, aux côtés de celles de Walikale, Pinga et Itebero, l’un des quatre piliers de la couverture sanitaire de ce territoire enclavé.

C’est pourtant ici, à Ntoto, que la crise s’accélère. La région fait face à un engouement sans précédent de populations déplacées par les crises à répétition. Aujourd’hui, trois localités clés étouffent sous la pression humanitaire :

 – Ntoto centre

 – Kilungu-Buoye

 – Langira

À elles seules, ces trois entités hébergent désormais plus de **trente mille ménages de déplacés**, survivant dans des conditions de promiscuité extrêmes.

Le double péril : Choléra et ignorance d’Ebola

Cet afflux massif de personnes vulnérables crée un terrain fertile pour les pires épidémies. Sur place, les animateurs locaux de TEDE-RDC et les relais communautaires se battent à mains nues. Privés d’outils de sensibilisation en quantité suffisante, ils assistent, impuissants, à la propagation fulgurante du choléra.

« La situation reste très critique », prévient André Ushindi Nkango.

Le danger est double. Pendant que le choléra progresse à cause du manque d’hygiène et d’eau potable, une autre menace plane : l’ignorance totale par la population de l’épidémie d’Ebola (souche Bundibugyo) qui secoue la région. Sans canaux d’information pour alerter ces milliers de déplacés sur les modes de prévention d’Ebola, le risque de contamination croisée est maximal.

Tout en saluant les efforts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des autres acteurs de la santé sur le plan national, TEDE-RDC exhorte les humanitaires à ne pas oublier les communautés «au fin fond du pays».

Sans une intervention d’urgence pour fournir des kits de sensibilisation, améliorer l’accès à l’eau et installer des structures de prise en charge à Kibua, les trente mille ménages de Ntoto, Kilungu-Buoye et Langira resteront les victimes oubliées de cette crise humanitaire majeure. Il y a urgence d’agir, avant que le bilan ne devienne incontrôlable.

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