
Un nouveau rapport présenté lors de la septième Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement (UNEA-7), à Nairobi, met en lumière une opportunité climatique encore largement inexploitée : la mobilisation coordonnée des citoyens du monde entier pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre. Selon ce document phare, une initiative mondiale de science citoyenne pourrait contribuer à diminuer les émissions de 40 à 70 % d’ici 2050, transformant les gestes du quotidien en l’une des solutions les plus puissantes pour lutter contre le changement climatique.
Un potentiel de réduction des émissions encore sous-estimé
Préparé par le Citizen Science Global Partnership’s Climate Change Mitigation Working Group (CSCCM), le rapport insiste sur une lacune persistante dans les stratégies climatiques actuelles : l’absence de mécanismes fiables et évolutifs permettant aux individus d’adopter facilement des modes de vie durables.
Bien que les changements comportementaux constituent un levier majeur de réduction des émissions, ils restent paradoxalement le volet le moins avancé des politiques climatiques mondiales.
L’initiative proposée – la première du genre – vise à combler ce déficit en structurant un programme mondial de science citoyenne capable d’impliquer des millions de personnes dans la réduction volontaire de leur empreinte carbone.

Cinq programmes régionaux fusionnés en un réseau global
Financée grâce à plus de 20 millions d’euros provenant d’investissements européens et américains, cette initiative ambitionne de regrouper cinq projets régionaux déjà éprouvés :
AURORA, PS Lifestyle, Step Change, FULFILL et Generation Solar.
En se fédérant en un seul réseau global, ces programmes fourniront aux citoyens du monde entier des outils standardisés pour mesurer, comprendre et réduire leurs impacts climatiques. Les données collectées seront directement exploitables par les scientifiques et les décideurs, renforçant ainsi la qualité des politiques publiques.
« La science citoyenne est une nouvelle manière d’aborder les défis environnementaux, mais pour être efficace, elle doit s’intégrer dans une planification globale », a déclaré Andrea Hinwood, scientifique en chef des Nations Unies.
Des outils numériques pour des actions locales et mondiales
Le programme prévoit un ensemble de dispositifs innovants destinés à faciliter la participation et à garantir la transparence :
outils numériques interactifs et systèmes de visualisation des données ;
dispositifs de protection renforcée de la vie privée ;
structures d’action communautaire inclusives ;
intégration aux plans de développement nationaux ;
cadres politiques basés sur des données probantes.
En recourant à des plateformes existantes comme iNaturalist, GLOBE ou Global Mosquito Alert, l’initiative adopte une approche « construire intelligemment, pas à partir de zéro », permettant de réduire les coûts et d’accélérer le déploiement global.
« C’est le moment d’une participation active des volontaires à travers le monde », a souligné Martin Brocklehurst, président du Citizen Science Global Partnership et l’un des responsables du projet AURORA. « Pour la première fois, nous avons la capacité de créer un projet mondial de science citoyenne pour répondre de manière significative à la crise climatique, et ce rapport présente notre plan pour démarrer en 2026. »

Un appel mondial aux partenaires
Le CSCCM lance un appel aux gouvernements, fondations philanthropiques, entreprises privées et organisations de la société civile. Les partenaires potentiels sont invités à contribuer en expertise technique, cofinancement, intégration de données et mise en œuvre de projets pilotes régionaux.
L’objectif est clair : lancer le premier pilote mondial en 2026, en conformité avec les normes internationales de protection des données et les principes de la science ouverte.
Une réponse citoyenne à l’urgence climatique
À l’heure où les émissions mondiales continuent de croître et où les solutions traditionnelles peinent à suivre le rythme, cette initiative propose un changement de paradigme : faire du citoyen un acteur central de l’action climatique.
Si elle est menée à bien, cette mobilisation mondiale pourrait devenir l’un des mouvements climatiques les plus influents de l’histoire récente.
