Couloir vert Kivu–Kinshasa : une nouvelle promesse écologique et inclusive portée par la jeunesse congolaise

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La création du « Couloir vert Kivu–Kinshasa », annoncée par les autorités congolaises, marque une étape majeure dans l’histoire environnementale de la République démocratique du Congo. Présenté comme la plus vaste réserve forestière tropicale protégée au monde, ce projet inédit ambitionne non seulement de préserver le Bassin du Congo, mais aussi de stimuler le développement économique et social du pays. Pour les jeunes activistes du climat, représentés par Jacques Bashonga, il s’agit d’une véritable fenêtre d’opportunité pour bâtir une RDC verte et inclusive.

Le Président Félix Tshisekedi a décrit le projet comme une réponse directe à l’urgence climatique globale. Étendu sur 550 000 km², dont 285 000 km² de forêt primaire et 60 000 km² de tourbières intactes, le Couloir vert pourrait devenir l’un des plus importants puits de carbone de la planète. Le gouvernement prévoit un investissement d’un milliard de dollars, réparti sur trois à quatre ans. À la clé : le transfert d’un million de tonnes de denrées alimentaires des provinces du Kivu vers Kinshasa chaque année, ainsi que la création d’un Fonds pour les énergies renouvelables, l’agriculture durable et la logistique.

Pour Jacques Bashonga, coordonnateur national des jeunes activistes du climat, cette initiative représente un signal fort. Inspiré par l’exemple du parc national des Virunga, le Couloir vert Kivu–Kinshasa ouvre, selon lui, une nouvelle page pour la biodiversité congolaise et constitue un puissant moteur de croissance économique. L’agriculture durable, l’entrepreneuriat rural et l’emploi local figurent parmi les secteurs susceptibles d’en bénéficier directement.

L’activiste insiste aussi sur la dimension sociale du projet. « La jeunesse congolaise peut y trouver des opportunités d’emploi massif grâce aux activités de restauration des écosystèmes », affirme-t-il. Les femmes rurales, souvent dépendantes de l’agriculture de subsistance, pourraient également en tirer un avantage direct. Quant aux peuples autochtones, longtemps marginalisés, ce projet pourrait devenir une voie d’intégration dans l’économie verte nationale.

Pour Bashonga, le lancement du Couloir vert symbolise enfin le passage « des discours aux actions » en matière climatique. La RDC se positionne désormais comme un « pays solution », prêt à valoriser durablement sa biodiversité et à restaurer ses écosystèmes. Mais il estime que cette avancée n’aura de portée réelle qu’avec l’implication active des jeunes et des communautés locales.

Toutefois, il met en garde contre plusieurs défis majeurs. Les infrastructures insuffisantes risquent de compliquer le transport des denrées et la mise en œuvre logistique. La mauvaise gouvernance et le déficit de transparence pourraient aussi empêcher les populations locales de bénéficier des retombées économiques, au profit d’intérêts particuliers. Il appelle donc à instaurer une collaboration directe et régulière entre l’équipe chargée du projet et les communautés concernées.

Autre menace soulignée par Bashonga : la mise en vente de 52 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers en RDC. Selon lui, ces projets d’exploitation pourraient compromettre plus de 60 % du Couloir vert, dégrader les écosystèmes et fragiliser les communautés riveraines. Il rappelle que ces dernières n’ont jamais été bénéficiaires des revenus issus des industries extractives, mais en subissent lourdement les conséquences environnementales.

Pour garantir le succès du Couloir vert, il propose que le gouvernement organise des concertations régulières avec les communautés locales et qu’il associe davantage les organisations de terrain, souvent négligées dans l’accès aux financements publics. Il insiste aussi sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de suivi pour assurer la durabilité du projet, afin d’éviter qu’il ne soit abandonné comme de nombreuses initiatives précédentes.

Selon lui, les crédits carbone constituent une voie prometteuse pour financer durablement la conservation et renforcer la place de la RDC dans la lutte contre la crise climatique. La mobilisation de la jeunesse, à travers la sensibilisation communautaire, sera essentielle pour garantir l’appropriation et la continuité du projet.

En définitive, Jacques Bashonga voit dans le Couloir vert Kivu–Kinshasa un tournant historique : une occasion unique de transformer la richesse écologique du pays en un véritable levier de développement inclusif. Mais la réussite de ce projet dépendra, avertit-il, de la transparence, de l’inclusion et de l’engagement du gouvernement à le mener à terme.

Emmanuel Kasereka bin Vikingi

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