ONU Eau 2026 : l’eau replacée au cœur de l’agenda mondial lors de la réunion préparatoire de haut niveau à Dakar

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Par Denise Kyalwahi

La ville de Dakar, au Sénégal, a accueilli la réunion de haut niveau préparatoire de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026 du 26 au 27 janvier 2026. Coprésidée par le Sénégal et les Émirats arabes unis, cette rencontre internationale a marqué une étape décisive dans la préparation de la conférence principale prévue fin 2026 à Abu Dhabi.

Objectif : faire le point sur les avancées et les retards liés à l’Objectif de développement durable n°6 (ODD 6) — garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement — et identifier des actions concrètes pour accélérer les engagements d’ici 2030.

Une mobilisation mondiale autour d’une crise systémique

La réunion de Dakar a rassemblé près de 3 000 participants issus de plus de 127 pays, représentant les gouvernements, les agences des Nations Unies, les organisations de la société civile, le secteur privé, les institutions financières et les communautés locales.

Tous ont partagé un constat commun : la crise de l’eau est systémique. Elle affecte simultanément la santé publique, l’égalité de genre, la sécurité alimentaire, le climat, la paix, ainsi que la gestion de l’urbanisation, alors que 68 % de la population mondiale devrait vivre en zone urbaine d’ici 2050.

Dans ce contexte, Dakar a servi de plateforme stratégique pour repositionner l’eau non plus comme un simple secteur technique, mais comme un enjeu politique, économique et géopolitique majeur.

Six dialogues pour structurer l’action mondiale

Les travaux se sont articulés autour de six dialogues interactifs, organisés sous forme de tables rondes thématiques :

Le droit humain à l’eau et à l’assainissement,

L’eau pour la prospérité, à travers le nexus eau–énergie–alimentation,

L’eau pour la planète, en lien avec le climat, la biodiversité et les écosystèmes,

L’ODD 6 et les initiatives mondiales,

La coopération transfrontalière et la diplomatie de l’eau,

Les investissements, le financement et l’innovation.

Ces échanges ont permis de mettre en lumière les lacunes persistantes dans la mise en œuvre de l’ODD 6, mais aussi les opportunités d’accélération à travers une meilleure coordination internationale.

Repositionner l’eau comme levier de paix et de résilience

Parmi les messages forts issus de Dakar figure le repositionnement stratégique de l’eau au cœur de l’agenda mondial de la dignité humaine, de la résilience climatique et de la prévention des conflits.

La réunion a souligné le rôle croissant de la diplomatie de l’eau comme outil de coopération et de paix, notamment dans les bassins fluviaux partagés. Des exemples africains, tels que l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), ont été cités pour illustrer le potentiel de l’eau comme facteur de stabilité régionale.

Financer l’eau autrement : investissement, inclusion et gouvernance

Autre point clé : la nécessité de changer de paradigme financier. Les participants ont insisté sur le fait que l’eau doit être considérée non comme une charge, mais comme un investissement stratégique pour le développement durable.

Cela implique :

une mobilisation accrue des financements publics et privés,

une gouvernance transparente,

et l’inclusion effective des communautés marginalisées, souvent les premières victimes du manque d’accès à l’eau et à l’assainissement.

Vers Abu Dhabi : une feuille de route commune

La réunion de Dakar n’avait pas vocation à produire des engagements définitifs, mais à préparer le terrain politique et technique de la Conférence ONU Eau 2026.

Parmi les résultats attendus figurent :

une ambition partagée entre États et acteurs non étatiques,

une meilleure coordination multi-acteurs,

l’élaboration de plans de travail pour chacun des six dialogues,

et un document final structurant, incluant une « Roadmap du Sénégal aux Émirats », destinée à guider le processus jusqu’à Abu Dhabi.

Dakar, un signal fort pour l’Afrique et le monde

En accueillant cette réunion préparatoire, le Sénégal a affirmé son ambition de porter la voix de l’Afrique dans la gouvernance mondiale de l’eau. À Dakar, l’eau a été pensée à la fois comme ressource vitale, bien commun, facteur de développement et outil de résilience face aux crises climatiques.

Cette étape marque ainsi le début d’un compte à rebours diplomatique vers Abu Dhabi, avec un mot d’ordre largement partagé : passer des discours aux actions, et faire de l’eau un pilier central des réponses mondiales aux défis du XXIᵉ siècle.

Quels engagements concrets ont été pris à Dakar

Cette réunion préparatoire de haut niveau à Dakar a abouti à des engagements axés sur la préparation de la Conférence ONU Eau 2026 à Abu Dhabi, plutôt qu’à des promesses chiffrées immédiates. Les résultats incluent un document de synthèse avec une « Roadmap du Sénégal aux Émirats », des objectifs communs pour les six dialogues interactifs, et un renforcement de la coordination multi-acteurs.

Trois piliers ont été fixés pour transformer les paroles en actions : un cadre intégré autour des six dialogues (droits humains, nexus eau-énergie-alimentation, climat-biodiversité, ODD 6, coopération transfrontalière, investissements) ; la régularité des conférences ONU sur l’eau post-2030 ; et le renforcement des accélérateurs ODD 6 (financement, données, capacités, innovation, gouvernance), avec inclusion des femmes et jeunes.

Quelques actions concrètes ont été Lancées

– Nomination et mobilisation des 12 co-chaises ministériels des dialogues interactifs pour avancer les ambitions SDG 6.

– Lancement d’une séquence préparatoire à Abu Dhabi (2-4 décembre 2026) pour consolider contributions et priorités.

– Appel à des investissements massifs, une gouvernance résiliente au climat, et des synergies sectorielles (eau, agriculture, énergie, biodiversité).

Ces engagements visent une conférence « action-oriented » à Abu Dhabi, avec suivi via des plans de travail et partenariats renforcé, ont informé les médias internationaux.

 Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a appelé lundi à Dakar invite la communauté internationale à faire la Conférence des Nations Unies sur l’eau prévue en 2026 un tournant décisif, capable de transformer les engagements politiques en actions concrètes face à la crise mondiale.

«Faire progresser l’agenda de l’eau, c’est restaurer la confiance dans l’action multilatérale. J’appelle à une mobilisation inclusive des États, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile, des scientifiques, des communautés locales, des jeunes et des femmes», a déclaré Bassirou Diomaye Faye, président sénégalais.

«Faisons de cette conférence un moment de bascule et non une rencontre de plus. J’exhorte tous les membres à traduire les engagements politiques en actions concrètes, mesurables et suivies dans le temps», a-t-il ajouté.

La Conférence de 2026 devra ainsi déboucher sur une meilleure coordination des initiatives, une mobilisation accrue des financements, y compris concessionnels et innovants, et des solutions adaptées aux réalités des pays les plus vulnérables.

« Cette responsabilité ne repose pas uniquement sur les co-hôtes de la conférence, mais sur chacun d’entre nous », a insisté Abdulla Balalaa, ministre adjoint émirati.

« La Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 est notre moment collectif, une occasion rare de changer durablement la trajectoire de l’eau dans l’agenda mondial. Nous ne pouvons pas nous permettre de la laisser passer », a-t-il conclu.

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