
À Muhongoza, un village perché dans la chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe au Sud-Kivu, l’eau potable est devenue un luxe inaccessible. Depuis plus d’une semaine, les habitants vivent une véritable détresse : les robinets sont à sec, les infrastructures d’adduction d’eau sont à l’abandon, et la seule source restante —la rivière Buloho est à la fois éloignée et dangereuse.
« Les gens de Muhongoza, surtout ceux de Katashola, n’ont plus d’eau depuis plusieurs jours. Même les structures de santé sont paralysées », déplore Rushisha Crispin, leader communautaire du milieu. Pour s’approvisionner, hommes, femmes et enfants parcourent chaque jour plus d’un kilomètre, souvent sous un soleil de plomb ou à la tombée de la nuit.
Mais le périple n’est pas le seul danger. La rivière Buloho, désormais principale source d’eau, se situe dans un ravin isolé, exposant les habitants à des risques d’agression. « Cet endroit n’est pas sûr. Des malfaiteurs profitent de l’isolement pour s’en prendre aux habitants. C’est très inquiétant », avertit Rushisha.
Sur le plan sanitaire, la situation vire à la catastrophe. L’eau de Buloho, non traitée et visiblement polluée, provoque déjà la résurgence de maladies hydriques : diarrhées, infections intestinales et maladies de peau se multiplient. Dans un contexte où les structures de santé manquent cruellement de moyens, les plus vulnérables — enfants, personnes âgées, femmes enceintes et personnes vivant avec un handicap — paient le plus lourd tribut.
Face à cette urgence, Rushisha Crispin lance un appel pressant : « Nous demandons aux autorités territoriales, provinciales et aux organisations humanitaires d’intervenir rapidement. L’eau, c’est la vie. Sans elle, notre communauté est en danger. »
En attendant une réponse concrète, le quotidien à Muhongoza s’organise autour de la survie. Les habitants espèrent désormais que les cris venus de ce coin du Kalehe trouveront un écho auprès de ceux capables d’agir avant que la crise ne vire au drame humanitaire.
Patrick Mapenzi
