RDC -agriculture: au Kasaï, l’agriculture intelligente redonne espoir aux petits exploitants

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Sous le soleil du village de Tshibadi, dans le territoire de Tshikapa, au cœur de la province du Kasaï, les champs de maïs et de niébé s’étendent à perte de vue. Ici, la terre raconte une nouvelle histoire. Celle d’agriculteurs qui, après des années de rendements faibles et de sols épuisés, redécouvrent peu à peu le potentiel de leurs terres.

Dans cette région du centre de la République démocratique du Congo, où l’agriculture fait vivre la majorité des ménages mais reste fortement exposée aux aléas climatiques, une transformation discrète est en cours. Elle est portée par le Programme National de Développement Agricole (PNDA) et son partenaire Humana People to People Congo (HPP-Congo), qui accompagnent les petits exploitants dans l’adoption de pratiques agricoles plus intelligentes et adaptées aux réalités locales.

Apprendre directement dans les champs

Dans un coin du village, une vingtaine d’agriculteurs sont réunis autour d’un champ-école paysan. Ici, pas de longues théories : l’apprentissage se fait directement dans la terre.

Mushiya Mado, petite exploitante agricole, observe attentivement les rangées de maïs soigneusement alignées.

« Quand on se retrouve entre cultivateurs dans nos champs-écoles, on comprend mieux », explique-t-elle. « On voit directement ce qui marche et ce qui ne marche pas. »

Grâce à ces formations pratiques, les agriculteurs découvrent des techniques simples mais efficaces : le semis en ligne pour économiser les semences, le regarnissage pour remplacer les plants qui n’ont pas germé, ou encore le paillage qui permet de conserver l’humidité du sol pendant les périodes de sécheresse.

Autre changement important : l’abandon progressif de l’incinération des résidus de récolte, une pratique longtemps utilisée mais qui appauvrit les sols.

Quand les cultures travaillent ensemble

Dans son champ, Ngandu Célestin montre fièrement ses plantations. Président de l’organisation paysanne Sanga Bantu, il a lui aussi adopté de nouvelles méthodes.

« Avant, je cultivais seulement du maïs », raconte-t-il. « Aujourd’hui, j’associe le maïs au niébé. Depuis que j’ai commencé, ma récolte a presque doublé et la terre est devenue plus fertile. »

Cette technique d’association des cultures permet d’améliorer la productivité et de diversifier l’alimentation des familles.

Dans certains villages du territoire de Tshikapa, notamment à Tshibadi sur l’axe Kabambayi, les agriculteurs expérimentent également l’utilisation du mucuna. Cette légumineuse encore peu connue agit comme un fertilisant naturel en apportant de l’azote au sol, réduisant ainsi le recours aux engrais chimiques.

Une agriculture qui renaît

À Mukoyi, un village situé à plus de vingt kilomètres de Tshikapa, Mubidi Ntambwe Santé observe lui aussi les changements. Président de l’organisation paysanne Tujukayi, il souligne l’importance de l’approche adoptée par les partenaires du projet.

« Ce qui fait la force du PNDA et de HPP-Congo, c’est qu’on ne nous impose rien », explique-t-il. « Les moniteurs viennent sur le terrain, ils nous écoutent et nous proposent des solutions adaptées à nos réalités. »

Peu à peu, les résultats deviennent visibles : des champs plus productifs, des sols qui retrouvent leur vitalité et des familles capables de vendre une partie de leurs récoltes sur les marchés locaux.

Un accompagnement qui fait la différence

Sur le terrain, les moniteurs agricoles continuent d’accompagner les producteurs bien après les premières formations. Ils suivent les parcelles, analysent les résultats et ajustent les techniques avec les agriculteurs.

« Ils nous encouragent à continuer », témoigne Tshiteya, un autre cultivateur de la région.

Dans une province où les défis climatiques et économiques pèsent lourdement sur les communautés rurales, ces initiatives montrent qu’un autre modèle agricole est possible.

Au Kasaï, l’agriculture intelligente face au climat n’est plus seulement un concept. Dans les champs de Tshibadi, de Mukoyi et d’autres villages, elle est devenue une réalité portée par ceux qui connaissent le mieux la terre : les agriculteurs eux-mêmes.

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