Ituri/ Tchomia : Protéger le lac Albert c’est protéger la vie : les communautés se lèvent pour un pacte de solidarité

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Sur les rives du lac Albert, là où l’eau nourrit, soigne et fait vivre des milliers de familles, une voix collective s’est élevée à Tchomia. Ce n’était pas une simple rencontre, mais un appel profond, porté par des femmes, des hommes, des jeunes, des pêcheurs, des agriculteurs, des leaders communautaires : celui de protéger leur terre, leur eau et leur dignité.

À l’initiative de l’ACEDH et du FDAPID, avec le soutien de l’Open Society Foundations, cette mobilisation s’inscrit dans une lutte essentielle : garantir un environnement sûr pour celles et ceux qui défendent la nature et les droits des communautés en République démocratique du Congo.

Au cœur des échanges : un engagement fort, celui du Pacte de protection mutuelle. Ce pacte n’est pas qu’un document. Il est une promesse vivante de solidarité entre peuples autochtones, communautés locales et défenseurs de l’environnement. Une promesse de ne plus rester seuls face aux menaces, mais de se protéger ensemble.

La mobilisation a rassemblé une diversité impressionnante d’acteurs : membres de la FECOPELA, pêcheurs et commerçantes, femmes engagées dans la transformation des produits halieutiques, éleveurs, agriculteurs, autorités locales et leaders religieux. Tous unis par une même réalité : leur survie dépend directement de la santé du lac Albert.

Les voix des jeunes et des femmes ont particulièrement résonné. Avec courage et lucidité, ils ont rappelé que sans justice, sans information et sans participation citoyenne, il ne peut y avoir de véritable gouvernance des ressources naturelles. Ils ont revendiqué :

  • le droit d’accéder à la justice,
  • le droit à une information transparente,
  • le droit de participer aux décisions qui affectent leurs terres et leurs eaux.

Mais au-delà des revendications, un message clair s’est imposé : refuser un modèle de développement qui sacrifie les communautés au profit de l’exploitation pétrolière. Car pour ces populations, protéger l’environnement, c’est protéger la vie elle-même.

Dans une atmosphère à la fois grave et porteuse d’espoir, les communautés ont célébré leur unité à travers des danses culturelles, affirmant ainsi que leur diversité est une force. Cette rencontre a renforcé les liens, ravivé la solidarité et nourri une dynamique collective de résistance et de protection des ressources naturelles.

Ce qui s’est joué à Tchomia dépasse une simple activité communautaire. C’est l’expression d’une volonté profonde : celle de construire un avenir où le développement ne se fera pas au détriment des droits humains et de l’environnement.

Les recommandations issues de cette mobilisation traduisent l’urgence d’agir :

  • étendre la sensibilisation dans les 97 camps de pêche du lac Albert ;
  • renforcer l’accompagnement juridique des communautés et des défenseurs ;
  • mettre en place des mécanismes concrets de protection face aux menaces croissantes.

À Tchomia, les communautés n’ont pas seulement parlé. Elles ont pris position. Elles ont choisi de défendre leur territoire, leur identité et leur avenir. Et leur message est sans équivoque : sans protection de l’environnement, il n’y a pas de justice, et sans justice, il n’y a pas de paix durable.

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