
Par Patrick Mapenzi
Ce samedi 06 juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, l’Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR-Bukavu) a pris les devants. Alors que le monde entier planchait sur les solutions face à la crise écologique, ici, au Sud-Kivu, on retroussait ses manches.
Objectif : une ville « Zéro déchet plastique ». Une ambition qui a rassemblé enseignants et étudiants, décidés à ne pas se contenter de belles paroles.
Dès les premières heures de la matinée, une cinquantaine de participants – sacs de collecte à la main – ont investi l’artère reliant la Place de l’Indépendance à la colline de l’ISDR-Bukavu. Armés de gants et d’une énergie contagieuse, ils ont ratissé trottoirs, caniveaux et espaces publics, ramassant bouteilles, sachets et autres résidus plastiques.

L’opération, à la fois symbolique et concrète, visait à montrer que chaque geste compte et que la propreté de la ville est l’affaire de tous.
« Ce n’est pas seulement une collecte, c’est un réveil citoyen », a confié un étudiant, sourire aux lèvres mais le regard déterminé.
Conférence et prise de conscience
Après l’effort physique, place à la réflexion. Une conférence animée au sein de l’institut a permis d’approfondir les enjeux liés à la pollution plastique, à ses impacts sur la santé et les écosystèmes, mais aussi aux alternatives durables.
C’est dans ce cadre que le Directeur Général a.i. de l’ISDR-Bukavu, Séverin Muyisa, a pris la parole. Devant un auditoire conquis, il a appelé les jeunes à ne pas en rester à cette seule journée.
« Adoptez durablement des comportements respectueux de l’environnement. Ne soyez pas des spectateurs, mais des acteurs du changement pour un cadre de vie plus vert, plus propre et plus sain. »
Un message reçu cinq sur cinq par les étudiants, qui ont aussitôt réaffirmé leur engagement.

L’innovation étudiante fait la différence
Car les étudiants ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Leur promesse : poursuivre la collecte des déchets plastiques et, surtout, les valoriser en les transformant en pavés.
Oui, vous avez bien lu. Avec l’accompagnement technique et institutionnel de l’ISDR-Bukavu, ces jeunes entendent transformer un fléau environnemental en ressource utile pour la ville. Une approche circulaire, économique et écologique qui mérite d’être saluée.
Par cette mobilisation coup de poing, l’ISDR-Bukavu ne se contente pas de célébrer une date symbolique. L’institution s’affirme comme un acteur clé du développement durable dans la région, mêlant éducation, action citoyenne et innovation locale.
Alors que Bukavu, comme beaucoup de villes congolaises, lutte contre l’invasion silencieuse du plastique, cette initiative prouve une chose essentielle :
Une ville sans déchets plastiques, ce n’est pas un rêve. C’est un choix collectif. Et il est entre nos mains.
