
Les acteurs engagés dans la restauration des paysages forestiers en République démocratique du Congo ont tenu une table ronde les 23 et 24 juin 2026 à Kinshasa. Organisée par WWF-RDC, cette rencontre a réuni les membres de la plateforme nationale de restauration des paysages forestiers (FLR) ainsi que plusieurs partenaires du secteur environnemental afin de réfléchir aux mécanismes de financement capables de soutenir durablement les initiatives de restauration forestière.
L’objectif principal de ces échanges était d’évaluer l’état actuel des projets de restauration, d’identifier les insuffisances de financement et de définir des stratégies concrètes pour attirer des ressources innovantes et pérennes.
« Cette table ronde offre une opportunité unique de renforcer la gouvernance forestière, d’innover dans nos mécanismes financiers et de garantir l’inclusion des communautés locales et autochtones », a déclaré Benjamin Neusel, directeur de la conservation de WWF-RDC.
Les participants ont souligné l’importance du rôle joué par le ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat (MEDD-NEC), considéré comme un acteur clé dans la mise en œuvre des orientations stratégiques nationales soutenues par l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (CAFI).
Prenant la parole au nom du Secrétariat général à l’Environnement, Maribe Mujinga a insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes financiers accessibles et transparents.
« Nous avons besoin de mécanismes financiers flexibles qui garantissent qu’un investissement produise des bénéfices environnementaux, sociaux et économiques. Les fonds publics doivent servir à réduire les risques afin d’attirer davantage d’investissements privés », a-t-elle expliqué.
La finance carbone au cœur des discussions
Les échanges ont également porté sur les opportunités offertes par la finance carbone, les marchés climatiques volontaires et réglementés ainsi que les partenariats public-privé. Les participants ont estimé qu’il devient urgent de rendre la restauration forestière économiquement attractive, notamment à travers l’agroforesterie et le développement de chaînes de valeur durables.
Parmi les initiatives présentées, l’approche de Paiement pour Services Environnementaux (PSE), développée par WWF-RDC dans le cadre des programmes CAFI, a retenu l’attention. Ce mécanisme permet de récompenser directement les communautés locales et autochtones engagées dans la conservation des forêts.
WWF-RDC entend ainsi jouer un rôle d’intermédiaire entre les bailleurs internationaux, les autorités publiques et les communautés locales. La question du partage équitable des bénéfices et du respect du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) des peuples autochtones a également été mise en avant par le REPALEAC.

La RDC veut renforcer son leadership climatique
Face à l’accélération du changement climatique et à la dégradation des terres, la RDC cherche à harmoniser ses engagements nationaux avec plusieurs initiatives internationales, notamment AFR100, le Défi de Bonn et le Rendez-vous du marché 2030 (RM2030).
Les discussions ont notamment porté sur plusieurs outils financiers et méthodologiques, parmi lesquels le Fonds pour l’Environnement mondial (GEF STAR) et le CAFI, considérés comme essentiels pour soutenir les investissements dans la restauration forestière.
En renforçant sa préparation technique et en mobilisant ces différents financements, la RDC ambitionne de consolider sa position de « pays-solution » dans la lutte contre le dérèglement climatique. Reste désormais à transformer les engagements pris en actions concrètes et mesurables sur le terrain.
La plateforme FLR regroupe des représentants du gouvernement, de la société civile, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des communautés locales. Elle se veut un cadre de plaidoyer et de coordination pour défendre les intérêts de la RDC dans les négociations internationales sur le climat.
