Baleine échouée à Muanda : Ce que cache réellement ce phénomène spectaculaire

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Par Patrick Mapenzi 

L’échouage tragique d’une baleine mercredi dernier sur la plage de Muanda, dans la province du Kongo-Central, a plongé de nombreux Congolais dans la stupéfaction. Pourtant, pour les spécialistes, la présence de ces géants marins au large de la République démocratique du Congo n’a rien d’un mystère mystique. L’expert Djuma Hussein lève le voile sur les secrets de ces grands migrateurs et décrypte les raisons, souvent douloureuses, qui les poussent parfois à venir mourir sur le sable.

Pour beaucoup, la RDC est avant tout un grand pays forestier et fluvial. On oublie souvent que sa façade maritime de l’océan Atlantique est connectée aux grandes routes migratoires de la planète.

« En réalité, ce phénomène est beaucoup moins étrange qu’il n’y paraît. Les baleines fréquentent bel et bien les eaux africaines, y compris celles de la côte de la République démocratique du Congo », explique Djuma Hussein.

Certaines espèces emblématiques, à l’instar de la Baleine à bosse, parcourent chaque année des milliers de kilomètres selon un cycle biologique très précis :

« Les baleines passent une grande partie de l’année dans les eaux glaciales de l’Antarctique ou de l’Arctique, là où le krill (petites crevettes) et les poissons abondent. Elles y font le plein d’énergie. Elles migrent ensuite vers les eaux tropicales et subtropicales, nettement plus chaudes. C’est là qu’elles s’accouplent et mettent bas. Ces eaux chaudes sont indispensables à la survie des baleineaux nouveau-nés, qui ne possèdent pas encore une couche de graisse suffisante pour résister au froid polaire. », a fait savoir, Djuma Hussein.

Sur cette route de la vie, le littoral d’Afrique centrale et australe de l’Afrique du Sud à la République du Congo, en passant par la Namibie, l’Angola, le Gabon et la RDC (au large de Muanda) se transforme régulièrement en un véritable corridor pour ces géants des mers.

Les causes du drame : Pourquoi s’échouent-elles ?

Si leur présence est normale, leur échouage est toujours le signe d’une anomalie ou d’un drame en haute mer. Selon Djuma Hussein, les facteurs qui poussent une baleine à s’échouer sur le sable de Muanda sont multiples et souvent combinés :

– Les causes naturelles : La vieillesse, une maladie fulgurante, ou encore la désorientation d’un individu qui a suivi une proie d’un peu trop près dans des eaux peu profondes.

– Les causes humaines (les plus fréquentes) : Les collisions de plus en plus nombreuses avec les coques ou les hélices des grands navires de commerce, l’enchevêtrement mortel dans des filets de pêche abandonnés, ou encore la pollution sonore sous-marine (sonars, prospections pétrolières) qui détruit le système de navigation des cétacés.

Lorsqu’une baleine rate son virage et se retrouve piégée sur la plage, le compte à rebours s’enclenche. Contrairement aux idées reçues, la baleine ne meurt pas par manque d’air, puisqu’elle possède des poumons et respire du dioxygène atmosphérique. Elle meurt de son propre gigantisme.

Portée par l’océan, la baleine flotte et ne ressent pas ses dizaines de tonnes. Mais une fois sur le sable, privée de la poussée d’Archimède, son propre poids colossal écrase ses organes internes (poumons, cœur). Ce traumatisme interne, combiné à une déshydratation fulgurante sous le soleil tropical, rend l’échouage presque toujours fatal.

L’événement de Muanda rappelle cruellement la fragilité de ces géants face aux menaces qui pèsent sur l’océan Atlantique, et l’importance cruciale de protéger notre espace maritime.

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2 thoughts on “Baleine échouée à Muanda : Ce que cache réellement ce phénomène spectaculaire

  1. « La publication scientifique représente l’expression la plus noble de la quête du savoir et de sa transmission au service de l’humanité. Si la jeunesse congolaise développait une véritable culture de la recherche, de la rédaction scientifique et de la publication d’études consacrées aux sciences naturelles ainsi qu’à la faune et à la flore de la République démocratique du Congo, notre nation ne se distinguerait pas uniquement par l’abondance de ses ressources du sol et du sous-sol, mais également par l’excellence de son patrimoine intellectuel et scientifique. Car la véritable richesse d’un pays réside autant dans les connaissances qu’il produit que dans les ressources qu’il possède. Investir dans la science aujourd’hui, c’est bâtir les fondements du développement durable, de la conservation de notre patrimoine naturel et de la prospérité des générations présentes et futures. »

    — Eng. M.Sc. Djumapili Hussein

  2. J’adresse mes plus sincères félicitations et ma profonde reconnaissance à Mme Denise Kavira Kyalwahi, fondatrice de NATUREL CD, ainsi qu’à M. Elie Kasereka Mbulegheti, pour leur engagement exemplaire en faveur de l’éducation environnementale en République démocratique du Congo.

    Fonder une initiative telle que NATUREL CD témoigne d’une vision, d’un leadership et d’un sens remarquable des responsabilités envers la protection de notre patrimoine naturel. En inspirant la jeunesse congolaise à mieux connaître, apprécier et préserver son environnement, vous contribuez à bâtir une société plus consciente, plus responsable et davantage tournée vers le développement durable.

    Votre initiative illustre parfaitement le rôle déterminant que la recherche, l’éducation et l’engagement citoyen peuvent jouer dans la conservation de la biodiversité et la valorisation des richesses naturelles de notre pays. Je vous souhaite plein succès dans la poursuite de cette noble mission et espère que votre exemple inspirera de nombreux autres jeunes Congolais à s’investir dans les sciences de l’environnement et la protection de la nature.

    Avec mes plus vives félicitations et toute mon admiration.

    — Eng. M.Sc. Djumapili Hussein

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